[EDITO] Faut-il attendre les élections nationales de 2027 pour reprendre les discussions sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie ? C’est l’idée défendue par certains qui ne veulent plus d’une négociation de plus qui se termine en impasse. Leur lassitude se comprend. Mais repousser le débat d’un an ne fait pas disparaître l’incertitude dans laquelle vivent déjà les Calédoniens.

Car l’institutionnel n’est pas une affaire abstraite réservée aux politiques. Il pèse sur les investissements, les projets des entreprises et les choix de vie des Calédoniens. Tant que personne ne sait clairement où va le territoire, chacun hésite, attend ou regarde ailleurs.

Sébastien Lecornu l’a dit : « Le statu quo n’est pas une option. » Alors, même si les négociations attendent, que compte-t-on faire d’ici là ?

C’est tout le problème : ceux qui demandent une pause n’en paieront pas forcément le prix. Une entreprise qui reporte un investissement, un salarié qui cherche son avenir ailleurs, une famille qui renonce à un projet n’ont pas le luxe d’attendre le résultat de la présidentielle.

Le risque est surtout que cette pause arrange tout le monde. Paris gagne du temps, les partis évitent un dossier explosif et chacun se prépare pour la prochaine bataille électorale. Pendant ce temps, l’économie continue de payer l’addition.

Et au lendemain du scrutin ? Changer de président de la République ou de majorité parlementaire ne réglera pas, par magie, les désaccords calédoniens. Il faudra toujours revenir autour de la table, accepter des compromis et prendre les décisions que personne ne veut assumer aujourd’hui.

Les Calédoniens ont besoin de souffler, oui. Mais ils ont aussi besoin de savoir où ils vont. Mettre les négociations en pause peut se comprendre. Mettre l’avenir de la Nouvelle-Calédonie entre parenthèses, beaucoup moins.