Le conseil municipal de Nouméa s’est réuni mercredi 4 février 2026 pour le débat d’orientation budgétaire (DOB) de l’exercice 2026. Cet exercice obligatoire, sans portée décisionnelle, précède l’examen du budget primitif et permet aux élus d’échanger sur les grandes priorités financières de la Ville.
La présentation a rappelé un contexte économique calédonien toujours fortement fragilisé par les conséquences des émeutes de mai 2024, la crise du nickel et l’incertitude institutionnelle. L’activité économique reste dégradée, l’investissement privé demeure à l’arrêt, l’emploi salarié recule et la consommation des ménages continue de se contracter, pesant durablement sur les recettes publiques.
Malgré ce cadre contraint, la Ville indique avoir préservé sa situation financière grâce à des ajustements budgétaires engagés dès 2024. En 2025, les recettes de fonctionnement ont été soutenues par une indemnisation exceptionnelle des assurances liée aux destructions, sans laquelle elles auraient reculé. Les recettes fiscales poursuivent leur érosion et les dotations issues du Fonds intercommunal de péréquation ont fortement diminué depuis 2023, conduisant la commune à réduire ses dépenses et à recentrer son action sur les services essentiels.
Ces mesures ont permis de dégager un taux d’épargne de 11 % en 2025. La masse salariale a été contenue, les dépenses de fonctionnement rationalisées et la trésorerie communale s’est nettement améliorée pour atteindre 6,5 milliards de francs CFP en fin d’exercice. L’endettement demeure modéré et largement en deçà des seuils de vigilance.
Après l’arrêt des investissements en 2024, la Ville a relancé la commande publique en 2025 avec 4,3 milliards de francs CFP engagés, principalement pour la reconstruction des équipements détruits et la poursuite des projets structurants.
Pour 2026, les orientations budgétaires intègrent la mise en œuvre du dispositif de solidarité républicaine, une aide exceptionnelle de près de 450 millions de francs CFP, instituée par l’État et versée par la Nouvelle-Calédonie. Ce soutien doit permettre à la Ville de répondre à l’augmentation des besoins sociaux liée à la crise, en finançant prioritairement les actions sociales, les politiques en faveur de la jeunesse et la restauration scolaire.

