Le Front de libération nationale kanak et socialiste a rendu public un document intitulé « Accord de Kanaky 2025-2030 », dans lequel il expose une feuille de route politique et institutionnelle visant à conduire la Nouvelle-Calédonie vers la pleine souveraineté.
Le texte s’inscrit dans la continuité du processus de décolonisation engagé depuis les années 1980, de la déclaration de Nainville-les-Roches aux accords de Matignon-Oudinot et à l’Accord de Nouméa. Selon le FLNKS, ce processus demeure inachevé. Si l’Accord de Nouméa a permis la sortie des violences et la mise en place d’institutions propres, il n’aurait pas permis de solder le contentieux colonial ni de conduire le territoire à un statut de pleine responsabilité internationale.
L’objectif affiché est la création d’un État souverain de Kanaky–Nouvelle-Calédonie, reconnu sur le plan international et doté de sa propre Constitution, de ses institutions nationales et d’une citoyenneté distincte de la nationalité française. Le futur État est présenté comme démocratique, laïque et fondé sur l’État de droit, avec la reconnaissance de l’identité, des langues et de la culture kanak comme socle, dans le respect de l’ensemble des composantes de la société.
Le projet prévoit une phase transitoire durant laquelle l’organisation institutionnelle issue de l’Accord de Nouméa serait maintenue à son dernier stade d’évolution. Cette période serait encadrée par une nouvelle loi organique et permettrait d’organiser progressivement le transfert des compétences, y compris régaliennes. Une Assemblée constituante serait chargée d’élaborer un projet de Constitution, soumis ensuite à référendum.
Le document insiste également sur la nécessité de garanties juridiques et internationales. L’accord devrait être enregistré auprès des Nations unies et assorti de mécanismes de suivi destinés à en garantir l’intangibilité, avec une clause de non-régression visant à empêcher toute remise en cause unilatérale du processus.
Sur le plan économique et social, le FLNKS prévoit un accompagnement de la France durant la transition afin d’assurer la stabilité budgétaire, soutenir les réformes économiques, accompagner la transformation de la filière nickel et renforcer les politiques de cohésion sociale. À terme, les relations avec la France seraient redéfinies dans un cadre renouvelé, entre États souverains.
Un calendrier indicatif est avancé, avec une phase de négociation et de signature en 2025, une période de transition institutionnelle et constitutionnelle jusqu’en 2029, puis une consultation référendaire sur la Constitution devant conduire, à l’horizon 2030, à l’accession effective à la souveraineté.

