La Ligue des droits de l’Homme de Nouvelle-Calédonie (LDHNC) conteste le rapport publié le 29 janvier 2026 par la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) sur la crise de 2024. L’organisation juge l’analyse incomplète et estime que les violences et leurs conséquences sur une partie de la population ont été insuffisamment prises en compte.

Le rapport de la CNCDH, intitulé « Nouvelle-Calédonie et droits fondamentaux : une analyse de la crise de 2024 », examine les atteintes aux droits fondamentaux liées aux émeutes de 2024, l’action des forces de l’ordre et le rôle des institutions, et formule plusieurs recommandations à destination de l’État et des autorités locales.

Dans son communiqué, la LDHNC reproche à la commission de ne pas avoir procédé à des auditions suffisamment larges. Elle affirme que de nombreux acteurs locaux n’auraient pas été consultés, notamment des élus communaux, des associations de terrain, des services de secours et de sécurité, ainsi que des populations directement touchées par les violences.
Selon elle, cette méthode conduit à une lecture partielle des événements.

L’organisation met en avant les atteintes aux droits fondamentaux subies pendant plusieurs semaines par des habitants de quartiers touchés par les violences : restrictions de circulation, difficultés d’accès aux soins, à l’alimentation, au travail et à l’éducation, ainsi que des agressions visant des civils et des personnels de santé et de secours. Elle estime que ces éléments ne sont pas suffisamment documentés dans le rapport.

S’agissant du maintien de l’ordre, la LDHNC considère que l’intervention des forces de l’ordre a été globalement proportionnée au regard de la gravité des violences et conteste l’évocation de dérives liées à des « milices armées ». Elle estime par ailleurs que le traitement judiciaire des faits a respecté les principes d’équité et de présomption d’innocence.

Enfin, tout en reconnaissant la persistance d’inégalités sociales, la LDHNC juge que la CNCDH concentre ses critiques sur l’État et les forces de l’ordre, sans analyser suffisamment le rôle des acteurs politiques locaux. Elle considère les recommandations formulées comme trop générales et rappelle que plusieurs domaines relèvent des compétences provinciales.

La LDHNC indique avoir transmis sa position au Premier ministre ainsi qu’au président de la CNCDH.