Dix ans après les faits, une décision de justice rendue en 2016 refait surface dans l’actualité calédonienne. À l’origine, un contentieux opposant le blog d’information Calédosphère à plusieurs responsables politiques, à la suite d’articles publiés dans le contexte de l’affaire Tamaï. Une affaire qui fait référence au décès de Guy Tamaï en juin 2014, survenu après une soirée privée dont le contexte avait suscité une vive polémique publique et médiatique.
En octobre 2016, le tribunal correctionnel avait rejeté les poursuites pour diffamation engagées par Gilbert Tyuienon, alors vice-président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, et par Jean-Raymond Postic, chef de cabinet. La juridiction avait estimé que les éléments publiés relevaient de l’information légitime et ne constituaient pas une diffamation.
Dans le même jugement, les plaignants avaient été condamnés à verser chacun 150 000 francs CFP à Franck Thériaux, directeur de publication de Calédosphère, au titre des dommages et intérêts. La décision était devenue définitive.
Si Jean-Raymond Postic s’est acquitté de la somme à laquelle il avait été condamné, ce ne serait pas le cas de Gilbert Tyuienon, selon Franck Thériaux. Celui-ci indique que, près de dix ans après la décision judiciaire, la condamnation financière prononcée à l’encontre du membre du gouvernement demeurerait à ce jour inexécutée.
Au-delà du différend personnel, cette affaire pose la question de l’exécution effective des décisions de justice, y compris lorsqu’elles concernent des responsables publics, et rappelle que les condamnations civiles conservent leur portée tant qu’elles n’ont pas été exécutées.

