Ce lundi 15 décembre 2025, la société CBW, dépositaire de la franchise CBWEED en Nouvelle-Calédonie, a été visée par une opération de saisie menée par les services de la Douane et de la DASS. Les produits concernés, à base de CBD, de CBG et de chanvre, avaient pourtant été déclarés, contrôlés, taxés puis libérés plusieurs mois auparavant.

Cette intervention soulève de nombreuses questions sur la cohérence des décisions administratives et sur le vide juridique qui entoure encore le CBD sur le territoire.

Depuis juin, CBW a suivi toutes les démarches pour importer ses produits. Après un long silence de la DASS, la Douane a fini par les libérer en août, taxes réglées. Même la DAE a contrôlé le site internet de l’entreprise en novembre, sans signaler la moindre interdiction. Pourtant, en décembre, la DASS refait surface et fait saisir ces mêmes produits, en invoquant une infraction au code de la santé.

Rappelons que la réglementation en vigueur en Nouvelle-Calédonie repose encore sur des textes dépassés, dont certains datent de 1969. Elle ne tient pas compte des évolutions juridiques et scientifiques récentes. Le CBD, désormais reconnu comme non psychotrope, est légalement vendu dans de nombreux pays, y compris en France, où le Conseil d’État a annulé l’interdiction des fleurs et feuilles.

En 2024, le Congrès avait exprimé son soutien à une filière chanvre locale, mais aucune réforme n’a suivi. Depuis, les professionnels avancent sans cadre clair et sans réponse des services concernés. Résultat : des produits validés et taxés se retrouvent saisis du jour au lendemain.

Une requête a été déposée ce jour auprès du tribunal administratif pour faire toute la lumière sur cette décision. Mais l’affaire dépasse largement le cas de CBW. Elle révèle un malaise plus profond : des règles floues, des services publics injoignables, et des décisions tombées sans préavis, comme autant de pièges tendus à ceux qui entreprennent.

Dans une économie déjà fragile, ce genre de décisions envoie un message clair : même ce qui est autorisé peut être remis en cause à tout moment. Ce n’est plus une question de CBD, mais de sécurité juridique. Sans règles stables, comment entreprendre sereinement en Nouvelle-Calédonie ?