En Polynésie française, le nombre de nouveaux diagnostics de VIH enregistrés depuis janvier dépasse déjà celui de toute l’année 2025. Aux Fidji, la flambée est telle que le gouvernement vient de déclarer l’urgence nationale.
Jusqu’en 2023, le Fenua recensait une douzaine de nouveaux cas par an. Ils sont passés à 26 en 2025. Fin août 2026, 28 diagnostics avaient déjà été enregistrés, selon les informations de Tahiti Infos. En huit mois, le bilan de l’année dernière est donc déjà dépassé.
Les autorités sanitaires avaient alerté dès avril. Mais entre les changements de ministre, la révision des supports, les problèmes de financement et le manque de personnel, la campagne prévue en août a été repoussée au 1er décembre.
Cette progression inquiète également à l’approche des Jeux du Pacifique 2027 à Tahiti. Des préservatifs devraient être distribués aux athlètes et mis à disposition dans les centres d’hébergement.
Aux Fidji, l’épidémie a déjà changé d’échelle. Le gouvernement vient de déclarer une urgence nationale après l’enregistrement de 2 060 nouveaux diagnostics en 2025. Environ un adulte sur 60 vivrait désormais avec le VIH, ainsi qu’une femme enceinte sur 50.
Les rapports sexuels non protégés restent la première voie de transmission, mais la consommation de méthamphétamine et le partage de matériel d’injection accélèrent fortement l’épidémie. Cinquante-neuf bébés auraient également contracté le virus de leur mère en 2025.
Face à cette situation, les autorités fidjiennes promettent d’élargir le dépistage gratuit, l’accès aux traitements, à la PrEP et aux dispositifs de réduction des risques.
Le VIH n’est pas le sida. Avec un traitement adapté, une personne porteuse du virus peut vivre normalement et, lorsque sa charge virale devient indétectable, ne plus transmettre le virus par voie sexuelle. Mais encore faut-il se faire dépister et être pris en charge.
Dans le Pacifique, l’avertissement est désormais clair : chaque retard dans la prévention laisse un peu plus de terrain à l’épidémie.

