Coup de tonnerre pour l’artisanat calédonien. La Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA-NC) annonce son départ de Nouville, après la décision rendue par le Tribunal administratif dans le conflit qui l’oppose depuis des années au Port autonome.

Une querelle de loyers qui dure depuis 2014

L’histoire remonte aux années 80, quand la CMA s’installe à l’entrée de Nouville sur deux terrains publics, gérés par le Port. Elle y bâtit son siège et la Maison des artisans, vitrine de l’artisanat local. Pendant trente ans, les loyers restent modiques.

Mais en 2015, coup de massue : le Port réévalue le bail, avec une hausse de plus de 2000 % et un effet rétroactif sur plusieurs années. Pour la Chambre, cette augmentation est « brutale et démesurée ». Pendant dix ans, elle tente de négocier. En vain.

Le jugement tombe, la CMA réagit

Le Tribunal administratif vient de trancher : la CMA doit régler 324 millions de francs correspondant à 67 loyers impayés. Le Port autonome, qui réclamait initialement 457 millions, obtient ainsi une reconnaissance partielle de ses demandes.

La Chambre fera face grâce à ses réserves, mais elle juge impossible d’assumer durablement un loyer réévalué à 4,7 millions par mois.

Résultat : déménagement acté. Le siège consulaire va quitter Nouville dans les prochains mois. Même sort pour la Maison des artisans, rendue au Port autonome. Conséquence immédiate : sept petites entreprises installées dans les ateliers-boutiques et le snack « Le James Cook » se retrouvent sans visibilité sur leur avenir.

Salons annulés, événements déplacés

Autre effet domino : la CMA annule toute la programmation prévue d’ici la fin de l’année dans ses locaux. Sont concernés :

  • le Salon « Découverte des métiers et des formations » pour la jeunesse,
  • le « Job dating » de la Province Sud,
  • le Salon « Répar’acteurs » dédié à l’économie circulaire,
  • le Salon de Noël des artisans d’art,
  • et BATEXPO, grand rendez-vous du bâtiment, qui cherche en urgence un plan B pour septembre.

« Ce ne sont pas les bâtiments qui font notre ADN »

Pour la Présidente, Elizabeth Rivière, l’essentiel reste intact :

« C’est tout un symbole de l’artisanat qui disparaît de Nouville après 40 ans de présence. Mais ce ne sont pas les bâtiments qui font notre ADN. On ferme une porte, mais la CMA ouvre chaque jour des avenirs : celui de notre jeunesse, celui d’hommes et de femmes qui travaillent de leurs mains ».

La Chambre entend désormais se concentrer sur ses missions : accompagner la reprise économique des artisans, soutenir les 11 000 ressortissants et reconstruire son centre de formation.