Depuis des années, certains nationalistes corses établissent un parallèle avec la Nouvelle-Calédonie, comme si l’histoire méditerranéenne pouvait se confondre avec celle du Pacifique. Ils espèrent suivre l’exemple des Kanaks dans leur quête de reconnaissance et d’autonomie. Mais cette comparaison a de quoi faire sourire : les deux peuples n’ont ni la même histoire, ni la même légitimité politique.

C’est le sujet de l’article « Les Corses et les Kanaks ? », publié le 13 juillet 2025 sur palatinu.co, où l’auteur « A Squadra » démonte ce parallèle et plaide pour une autonomie corse assumée dans son cadre naturel : celui de l’identité européenne, et non d’un récit victimaire plaqué artificiellement.

Comparer les Corses aux Kanaks, écrit-il, c’est un peu comme comparer la neige du Monte Cinto aux cocotiers de Nouméa. Deux histoires, deux mondes, deux réalités.

Les Kanaks sont un peuple colonisé extra-européen. Les Corses, eux, appartiennent à la civilisation européenne depuis toujours. De l’Antiquité aux Lumières, ils ont partagé le destin des autres peuples du continent et même contribué à la colonisation. Rien à voir avec l’expérience des anciennes colonies africaines ou asiatiques.

Cette proximité nourrit pourtant depuis des années des échanges politiques denses. Des indépendantistes kanaks sont régulièrement invités en Corse, et récemment encore, Christian Tein est venu y présenter son combat. Mais cela ne change rien au fond : les deux peuples n’ont ni la même trajectoire, ni la même légitimité politique.

À Paris, personne n’est dupe. Les Corses ne sont pas des colonisés. Et, détail qui compte, ils sont blancs. La culpabilité postcoloniale, soigneusement réservée aux peuples non européens, ne leur sera jamais accordée. Alors pourquoi s’acharner à singer le discours décolonial ? Pourquoi courir après une bienveillance qui ne viendra pas ?

La conclusion est sans ambiguïté 

« Nous ne sommes pas des victimes à inventer. Nous sommes un peuple ancien, européen, qui réclame autonomie et reconnaissance sur ses propres bases. »

Pas besoin, ajoute l’auteur, « d’importer des Kanaks en Méditerranée pour justifier notre existence ».

Le texte d’A Squadra insiste sur la différence entre l’histoire corse et l’histoire kanak, refusant tout parallèle jugé artificiel. Cette mise au point vise à ancrer la revendication corse dans une identité européenne plutôt que dans un cadre postcolonial.

Reste à savoir comment cette position sera reçue en Nouvelle-Calédonie : comme une simple clarification historique, ou comme une mise à distance risquant de refroidir des liens politiques patiemment tissés au fil des années ?