Entre l’accord repoussé avec l’Australie et le don de matériel policier chinois, le Vanuatu se retrouve au cœur d’une compétition d’influence. Pékin avance ses pions tandis que Canberra tente de préserver son rôle de partenaire privilégié dans le Pacifique Sud.
La Chine continue d’étendre son empreinte dans la région. Pékin vient d’annoncer l’octroi au Vanuatu de matériel policier d’une valeur de 3 millions de yuans (43 millions FCFP), comprenant des drones, des motos et des systèmes reliés à Interpol. Ce geste, modeste sur le plan financier, intervient alors que l’Australie a échoué à finaliser un accord sécuritaire de grande ampleur avec Port-Vila.
Le ministre de l’Intérieur vanuatais, Andrew Solomon Napuat, a officialisé ce don lors d’une visite en Chine. Les discussions portent déjà sur un cadre plus large de coopération policière, qui s’ajouterait aux nombreux projets d’infrastructures réalisés par Pékin dans le pays ces dernières années : routes, bâtiments administratifs et même le nouveau palais présidentiel.
En parallèle, l’Australie avait mis sur la table un accord de sécurité et de développement estimé à 500 millions AUD (près de 37 milliards FCFP). Mais la signature a été repoussée, Port-Vila ayant jugé certaines clauses trop contraignantes pour sa souveraineté, notamment sur les financements étrangers. Ce report fragilise Canberra et offre à la Chine un espace pour renforcer sa présence stratégique.
La comparaison entre les deux approches est saisissante. D’un côté, l’Australie déploie une stratégie fondée sur des engagements financiers massifs pour affirmer son rôle de partenaire principal. De l’autre, la Chine se contente d’interventions ciblées, limitées en montant mais riches en portée politique. Quelques drones et motos suffisent à symboliser son ancrage croissant dans la sécurité intérieure du Vanuatu.
Pour Port-Vila, comme pour beaucoup d’États insulaires de la région, l’enjeu est de trouver un équilibre. Entre alliés historiques et nouvelle puissance émergente, il s’agit de capter financements et infrastructures tout en préservant une souveraineté souvent mise à l’épreuve.
