Le 5 avril, en pays Djubéa, la MU Gouvernance Quinquennale Clanique de Transition a proclamé sa déclaration d’autorité. Cette organisation coutumière annonce officiellement la reprise des prérogatives royales du Clan de Nouméa sur son territoire, ses terres ancestrales, ses lieux sacrés et sa zone d’influence.

Cette gouvernance, construite sur la légitimité des Clans Authentiques de l’Endroit, affirme que l’exercice du pouvoir, autrefois concentré autour de feu Gabriel Païta, revient désormais à une autorité collective, désignée selon les règles traditionnelles. Des ministres ont été nommés pour porter cette nouvelle organisation, avec pour mission de défendre les droits fonciers, culturels, économiques et sociaux des clans, dans un esprit de souveraineté et de responsabilité.

La gouvernance réaffirme plusieurs actes fondateurs

– Le 24 septembre 2024 à Balade, une Déclaration de Pleine Souveraineté avait annoncé la création d’une Banque de Développement Clanique et d’une Monnaie Clanique.

– Le 27 octobre 2024, un Acte Coutumier avait entériné le transfert des titres miniers et des institutions privées aux Clans Authentiques.

– Enfin, le 30 novembre 2024, un palabre coutumier avait exigé l’annulation de toutes les redevances considérées comme illégitimes sur terres coutumières (loyers, factures d’électricité, d’eau, impôts, etc.).

Ces décisions sont désormais intégrées au socle d’autorité de la nouvelle gouvernance, qui dénonce les pratiques de prélèvement imposées comme du recel organisé sur foncier non coutumier.

Une autorité étendue sur plusieurs domaines

La gouvernance des Clans Authentiques affirme aujourd’hui exercer ses responsabilités dans plusieurs secteurs clés :

  • La gestion des terres et des espaces maritimes selon les règles coutumières ;
  • La justice, appliquée de manière autonome dans le respect des équilibres claniques ;
  • La sécurité des personnes et des lieux, assurée par des dispositifs propres à la gouvernance ;
  • L’économie, avec le développement d’une banque clanique, d’une monnaie locale et d’un modèle tourné vers les besoins collectifs ;
  • Les ressources naturelles, notamment minières, dont l’exploitation devra désormais faire l’objet d’un consentement coutumier explicite ;
  • Les prélèvements et redevances, qui ne sont plus reconnus comme légitimes en l’absence de titre coutumier authentique ;
  • La santé, l’éducation, le bien-être et la jeunesse, à travers des approches enracinées dans les savoirs traditionnels et la solidarité ;
  • Les relations extérieures, avec la volonté d’intervenir en tant qu’acteur souverain sur la scène régionale et internationale ;
  • La culture et la mémoire, enfin, considérées comme piliers fondamentaux de l’identité des Clans de l’Endroit.

En réaffirmant ses droits et en posant les fondations d’une gouvernance pleinement coutumière, l’autorité clanique souhaite adresser un message sans équivoque : elle ne se contente plus d’exister en marge, mais veut s’imposer désormais comme un acteur souverain, structuré et décidé à faire entendre sa voix sur ses terres et au-delà.