Le 13 mai 2024, la Nouvelle-Calédonie a sombré dans une crise dont les échos résonnent encore aujourd’hui. Les images de rues dévastées, de familles démunies et de commerces réduits en cendres rappellent l’ampleur de la catastrophe.
Le bilan humain est lourd : 13 morts. Les destructions matérielles, elles, sont d’une ampleur sans précédent, avec 700 entreprises et 19 écoles anéanties, et des pertes économiques qui frôlent les 2,2 milliards d’euros.
Le chômage a explosé. Aujourd’hui, ce sont 24 000 personnes qui se retrouvent sans emploi, soit un quart de la population active du secteur privé, et un taux de chômage frôlant les 60 %. Si vous ajoutez à cela la perte de recettes fiscales et sociales, vous obtenez un tableau social et économique catastrophique.
Et pourtant, dans ce chaos, une lumière persiste, la solidarité kanak ! Ancrée dans leurs traditions et leurs valeurs, cette générosité naturelle s’exprime à travers des actions simples mais puissantes, comme les bingos organisés partout pour soutenir les familles et les enfants, les collectes devant les grandes surfaces, les cagnottes… Dans chaque commune où des mains se tendent, les communautés s’organisent pour faire face ensemble.
Mais une question persiste : combien de temps cette solidarité pourra-t-elle suffire face à l’ampleur de la crise ?
Que se passera-t-il lorsque ceux qui ont toujours donné n’auront plus rien à offrir ? Ces familles qui, génération après génération, ont soutenu les autres, risquent de voir leurs ressources et leur force s’épuiser. La solidarité est essentielle, mais elle ne peut tout résoudre seule face à l’ampleur de cette crise. Il faut des solutions concrètes : des emplois, des aides renforcées, et des politiques publiques adaptées pour soutenir durablement ceux qui soutiennent déjà tant.
La solidarité, ce n’est pas seulement donner jusqu’à l’épuisement. C’est aussi réfléchir ensemble, trouver des solutions pour que chacun puisse continuer à aider sans mettre en péril ses propres ressources.
La Nouvelle-Calédonie mérite mieux que de sombrer dans la misère.
