La crise économique en Nouvelle-Calédonie s’aggrave, avec des milliers d’emplois perdus et une grande partie des salariés en chômage partiel. L’impact des troubles récents se fait fortement ressentir sur les entreprises et le coût de la vie.

L’Institut de la statistique et des études économiques (ISEE) a publié lundi les premières données sur l’impact de la crise liée au dégel du corps électoral, commencée en mai 2024.

Selon cette note de conjoncture, environ 6 000 emplois du secteur privé ont été perdus depuis le début des troubles, qui ont gravement affecté l’économie locale. En août, près de 5 000 personnes étaient en chômage total, représentant 7,4 % des salariés. De plus, 29 % des salariés du privé étaient en chômage partiel, soit près de 19 330 personnes.

Le territoire a perdu par ailleurs, 910 travailleurs indépendants depuis le début des émeutes jusqu’à la fin août. Les chiffres présentés ici restent provisoires et susceptibles de révisions en fonction des déclarations tardives ou des mises à jour des données.

L’institut signale que la moitié des entreprises du territoire ont demandé une prise en charge au titre du chômage partiel.

La crise économique s’accompagne d’une inflation notable. Déjà considérée comme la championne de la vie chère parmi les outre-mer, avec un écart de prix de plus de 30 % par rapport à la métropole en 2022, la Nouvelle-Calédonie a enregistré une hausse de 4,3 % des prix alimentaires entre mai et août, aggravant les difficultés des ménages les plus vulnérables.

L’institut note également un effondrement de l’extraction minière et de la production métallurgique de nickel, la principale ressource de l’archipel. En août, la production s’élevait à 545 770 tonnes contre 1,8 million l’année précédente, portant le total des neuf premiers mois de l’année à 5,3 millions de tonnes, contre 13,2 millions sur la même période en 2023.