Quand les requins tigres et bouledogues fréquentent-ils les secteurs où l’on se baigne, navigue ou pratique des activités nautiques ? Une nouvelle étude doit tenter d’y voir plus clair autour de Nouméa. Financée à hauteur de 5 millions de francs par la province Sud, elle sera menée par l’IRD.
Après les accidents de ces dernières années, la présence des grands requins reste une préoccupation pour les usagers de la mer. Mais pour savoir où et quand ces animaux circulent, il faut encore réunir des observations régulières. C’est l’objectif du partenariat signé entre la province Sud et l’Institut de recherche pour le développement.
Un premier travail avait commencé en avril 2024, avant d’être interrompu par les émeutes de mai. Cette fois, les chercheurs prévoient notamment de suivre pendant douze mois les traces laissées par les requins dans l’eau.
Une centaine de litres d’eau pour chercher leur ADN
Pas besoin de capturer un requin pour détecter son passage. Comme les autres animaux marins, il laisse de l’ADN dans son environnement. En filtrant environ 100 litres d’eau par prélèvement, les scientifiques pourront rechercher la présence des requins tigres et bouledogues et estimer leur abondance relative.
Cinq secteurs sont envisagés : le quai des pêcheurs, le récif Ricaudy, l’Anse Vata, l’îlot Maître et l’îlot Signal. La liste et le rythme des prélèvements doivent encore être arrêtés. Le démarrage est annoncé pour décembre 2026, avec une campagne qui doit se poursuivre jusqu’à fin 2027.
L’intérêt sera de comparer les résultats au fil des mois : certaines périodes se distinguent-elles ? Leur présence évolue-t-elle selon les saisons ? Ces données compléteront la cartographie réalisée en 2025 à l’échelle de l’archipel.
Suivre aussi leurs déplacements
L’étude prévoit également de poser des balises acoustiques sur 10 à 20 requins dans le grand lagon Sud. Jusqu’à trois campagnes pourraient être menées à partir de février 2027, sous réserve des moyens humains et nautiques disponibles.
Des récepteurs sous-marins permettront de repérer les animaux équipés lorsqu’ils passeront à leur portée. Le réseau doit couvrir des secteurs proches de Nouméa et des passes de la province Sud. Cinq appareils sont déjà en place entre Nouméa et Poya depuis avril 2026.
L’IRD apportera ses équipes et ses moyens scientifiques et nautiques. Le rapport final est attendu au plus tard le 31 août 2028, avant une présentation publique.
Mieux connaître les habitudes des requins doit surtout permettre de mieux orienter la surveillance. C’est sur cette utilité concrète que les résultats de l’étude seront attendus.
