[EDITO] Au Mont-Dore, le projet de viaduc avance au rythme des études, tandis que les habitants attendent toujours de pouvoir circuler en sécurité. Entre espoir de désenclavement, coût du chantier et préoccupations environnementales, cette deuxième voie d’accès continue de diviser.

Saisi par une pétition citoyenne ayant recueilli 414 signatures, le Conseil économique, social et environnemental a adopté un vœu à l’unanimité, vendredi 2 octobre. Après plusieurs auditions, notamment de la province Sud et des représentants de l’État, il estime ne pas disposer de tous les éléments nécessaires pour se prononcer sur le viaduc.
Il demande de poursuivre les études, de publier leurs résultats et d’examiner les différentes options. Ce vote unanime ne constitue donc pas un feu vert à la construction.

Il serait pourtant injuste de dire que rien n’a été fait. Plusieurs alternatives ont déjà été examinées puis écartées par les services provinciaux, pour des raisons techniques ou financières. L’État participe aux études préalables à hauteur de 60 millions de francs, sur une enveloppe de 80 millions. Une nouvelle étude des risques et des impacts environnementaux a fait l’objet d’un appel à concurrence cette année.

Le dossier avance donc. Mais le financement du chantier et son calendrier restent à construire. Avec un coût estimé à plusieurs dizaines de milliards de francs et des conséquences possibles sur le littoral, les interrogations sont légitimes.

L’attente des habitants l’est tout autant. Bien avant les émeutes de 2024, les blocages et les caillassages à Saint-Louis avaient déjà fait de cette route une source d’inquiétude. Derrière le débat sur le viaduc, il y a des trajets quotidiens pour aller travailler, conduire les enfants à l’école ou se faire soigner. Des déplacements ordinaires que chacun devrait pouvoir effectuer sans craindre de se retrouver bloqué ou pris pour cible. Les longs mois de restrictions après les émeutes ont renforcé cette demande ancienne : pouvoir circuler en sécurité

Les études doivent désormais permettre de décider. Si le viaduc est retenu, il faudra expliquer comment le financer et le réaliser. Si une autre solution est privilégiée, elle devra offrir des garanties concrètes.

On peut être pour ou contre ce pont. Mais la sécurité des déplacements ne peut rester indéfiniment suspendue au débat.

Crédit : Image de synthèse – Province Sud