Il fallait réussir cet exploit : transformer la modernisation du permis de conduire en feuilleton politique, judiciaire et administratif. La Calédonie l’a fait. Et ce sont encore les habitants qui héritent des complications.
Selon Alcide Ponga, interrogé par NC La 1ère, le permis sans drapeau délivré depuis août 2025 n’a toujours pas fait l’objet de l’arrêté nécessaire à son référencement international. Reconnu localement, il peut poser problème lors de vérifications à l’étranger. Un permis tout neuf, une procédure inachevée. Belle publicité pour notre gestion des affaires courantes.
L’ancien président explique qu’il fallait stopper les astreintes liées au maintien du modèle à deux drapeaux. C’était indispensable. Dans un pays aux finances exsangues, laisser grossir la facture pour une affaire de symboles était indéfendable.
Mais pourquoi avoir laissé le travail à moitié fait ?
Parce qu’il n’avait pas la majorité pour adopter le nouvel arrêté. Voilà où nous en sommes : même pour finaliser un permis de conduire, le gouvernement n’a pas réussi à réunir les voix nécessaires. Les convictions politiques occupent tout l’espace. Le service aux habitants attendra.
La justice avait pourtant fixé le cadre : le drapeau du FLNKS ne pouvait figurer sur ce document sans avoir été adopté selon la procédure prévue pour les signes identitaires. Il fallait appliquer cette décision et assurer la continuité du service.
Que dire du manque d’information ? Pendant plus d’un an, des usagers ont reçu ce permis sans communication suffisante sur les difficultés possibles à l’étranger. Faut-il désormais, en retirant un document officiel, demander si le gouvernement a terminé son propre dossier ?
Imaginez la scène chez un loueur ou lors d’un contrôle : expliquer que le permis existe, mais que l’arrêté manque, faute de majorité. L’exportation de nos querelles politiques a ses limites.
La patience des Calédoniens aussi.
Une régularisation est annoncée. Après plus de treize mois à délivrer ce permis sans avoir bouclé la procédure nécessaire à son référencement international, il faudrait maintenant une date et des consignes précises.
Cette affaire montre ce qui arrive lorsque les responsables politiques perdent de vue leur première obligation : faire fonctionner le pays. À force de vouloir décider ce qui doit figurer sur le permis, ils ont oublié à quoi il devait servir.

