Dans une vidéo d’un peu moins de deux minutes, Jessica Agouré, qui se présente comme membre du clan Authentique du Sud, alerte sur une supposée pollution de l’eau. À l’écouter, le Grand Sud aurait pris des airs de Tchernobyl tropical, avec des conséquences jusqu’à Koumac et aux îles Loyauté.

La liste des responsables présumés est longue : Province Sud, DIMENC, mairie de Yaté, autorités coutumières, Sénat coutumier, ŒIL… Presque personne n’échappe au grand déballage. En revanche, aucun résultat d’analyse, lieu de prélèvement ou niveau de contamination n’est présenté dans la vidéo.

Et puisque cette eau serait sans danger, l’intervenante invite plusieurs responsables politiques et institutionnels à venir y faire de l’aquagym. Une méthode qui ne remplacera sans doute pas tout de suite les analyses de laboratoire.

Derrière la mise en scène, le message est également politique. Jessica Agouré appelle la jeunesse du Sud à défendre la mer et l’environnement, estimant que la véritable richesse du pays ne se trouve pas dans la mine.

Elle réclame une plus grande maîtrise locale de l’usine du Sud et de ses infrastructures, ainsi qu’une redevance et un droit de veto.

Elle annonce enfin le dépôt d’une plainte devant les juridictions civiles et pénales pour avoir, selon ses mots, transformé le pays en « dépotoir environnemental ».

L’inquiétude sur la qualité de l’eau mérite d’être entendue. Mais avant de transformer le Grand Sud en « Tchernobyl du Pacifique », encore faudrait-il produire quelques analyses.