L’USTKE demande que l’avenir de KNS et de Prony Resources soit décidé en fonction des intérêts économiques et sociaux de la Nouvelle-Calédonie, sans considération géopolitique. Sur le papier, difficile de s’y opposer. Qui ne souhaite pas préserver les emplois, les compétences locales et l’activité des communes minières ?

Publié ce jeudi, le communiqué semble clairement répondre, sans le nommer, à la position exprimée par Emmanuel Macron contre l’entrée d’un investisseur chinois au capital de KNS. Mais le syndicat dresse surtout la liste de tout ce qu’un repreneur devrait garantir : la pérennité des usines, le maintien des emplois, les retombées économiques, l’environnement et un financement durable.

Car il manque, comme toujours, une donnée essentielle : l’argent. Les usines métallurgiques calédoniennes ont englouti des centaines de milliards de francs sans trouver d’équilibre durable. KNS est à l’arrêt et Prony Resources doit une nouvelle fois être soutenue par l’État. Les exigences sociales sont légitimes, mais elles ne suffisent pas à faire tourner une usine ni à convaincre un investisseur de prendre tous les risques.

L’USTKE reproche à l’État de laisser la géopolitique influencer les dossiers de reprise. Mais lorsqu’un projet dépend de capitaux étrangers, de garanties publiques et d’un marché dominé par quelques grandes puissances, prétendre l’écarter totalement relève du vœu pieux.

On ne peut pas demander à l’État de financer, de garantir les emplois et de sauver l’outil industriel tout en lui demandant de fermer les yeux sur l’identité ou la stratégie des investisseurs. Celui qui met l’argent regarde forcément où il le place et dans quel intérêt.

Défendre les salariés est le rôle d’un syndicat. Mais faire de l’emploi une « priorité absolue » ne répond pas à la question centrale : qui accepte encore de payer pour maintenir ces usines en activité, et pendant combien de temps ?

À vouloir toutes les garanties sans accepter aucune contrainte, le risque est surtout de ne plus avoir ni beurre, ni argent du beurre… ni usine.