Financer l’urgence sans alourdir encore la dette : c’est l’enjeu des discussions menées à Paris par la mission transpartisane. Mercredi 2 septembre, la délégation conduite par Milakulo Tukumuli a été reçue pendant près de trois heures par le Premier ministre Sébastien Lecornu, avant de rencontrer la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.
Après le Sénat et Bercy la veille, les élus calédoniens défendent un soutien dans la durée. Le principe : la Nouvelle-Calédonie poursuit ses réformes et l’État l’accompagne financièrement, le temps qu’elles produisent leurs effets. Au ministère des Finances, les échanges ont porté sur un contrat de cinq ans, avec des subventions plutôt que de nouveaux prêts.
Interrogés par Outremers360, plusieurs membres de la délégation ont livré leur bilan des échanges. « Le Parlement est clairement en soutien », assure Nicolas Metzdorf. Le député reconnaît toutefois des discussions plus tendues avec le ministère des Finances sur les montants et les modalités de l’aide.
Les élus insistent aussi sur les efforts déjà accomplis. « C’est beaucoup, mais ça ne suffit pas », résume la présidente du Congrès, Virginie Ruffenach, qui demande un accompagnement pendant au moins deux ans. Sonia Backès réclame, elle, que la Nouvelle-Calédonie soit traitée comme les autres collectivités françaises : « On n’est pas des citoyens français de seconde zone. »
Pour Milakulo Tukumuli, continuer à emprunter ne peut plus être la réponse. « On a emprunté en 2026 pour rembourser le PGE de 2025 », rappelle le président du gouvernement.
Retraites du privé, RUAMM, fiscalité : plusieurs réformes restent à mener. L’avenir des trois usines de nickel figure également au cœur des discussions, compte tenu de leur poids dans l’emploi et l’économie du territoire.
Mais il faut d’abord pouvoir financer les prochains mois. La délégation demande le versement des 13,7 milliards de francs restant sur le prêt garanti par l’État, ainsi qu’une subvention de 7,2 milliards. Des financements complémentaires sont également recherchés pour décembre 2026 et l’année 2027.
Le communiqué publié après les rencontres de mercredi ne précise ni nouveau montant accordé ni calendrier de versement. Une communication de Matignon est attendue dans la journée pour préciser les engagements de l’État.
