Réuni les 28 et 29 août 2026 à Nouville, le 26e Congrès du Pays Kanak a fixé ses orientations pour 2026-2027. Avec les représentants des huit aires coutumières, il appelle à renforcer le rôle du Sénat coutumier, à sécuriser les financements et à développer les terres coutumières. La jeunesse occupe également une large place dans cette feuille de route.

Peser davantage dans les décisions. La motion demande de poursuivre la réflexion sur l’évolution du Sénat coutumier en « véritable chambre parlementaire », aux côtés du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. L’objectif serait de renforcer la parole autochtone, notamment sur l’identité kanak, les terres, la coutume et les ressources naturelles. Les compétences de cette éventuelle seconde chambre, sa représentation et son articulation avec le Congrès restent à définir.

La question des moyens reste centrale. Le texte appelle à discuter avec l’État, la Nouvelle-Calédonie et les partenaires concernés de financements plus directs et pérennes. Il demande aussi d’étudier un fonds dédié au développement des terres coutumières. L’accompagnement des familles, des clans et des porteurs de projets doit permettre de sécuriser les activités économiques et de renforcer la souveraineté alimentaire. La réflexion sur les baux ruraux figure également parmi les pistes retenues.

La crise a créé de nouveaux besoins. Les échanges ont fait ressortir le retour en tribu de personnes ayant perdu leur emploi depuis le 13 mai 2024, avec des conséquences économiques, sociales, familiales et foncières. Le Congrès souhaite valoriser leurs compétences et renforcer la médiation pour prévenir les conflits. Il appelle aussi à mieux coordonner le Sénat, les conseils coutumiers, les chefferies et les clans.

La jeunesse doit trouver sa place. Les travaux de refonte du Livre du chemin de la jeunesse kanak ont ramené 92 recommandations à 35 actions ciblées, nourries notamment par 420 réponses à une consultation numérique. Formation de proximité, dispositifs de deuxième chance, culture et échanges dans le Pacifique sont encouragés. Le texte demande également d’aller vers les jeunes isolés, en tribu comme dans les quartiers populaires, et soutient le développement de conseils de jeunes auprès des instances coutumières. La transmission des langues, des savoirs et de la coutume est présentée comme une responsabilité partagée, qui commence dans les familles.

Les risques climatiques doivent être anticipés. Face à l’érosion et à la montée des eaux, la motion reprend la nécessité de cartographier les zones vulnérables et d’identifier des terrains susceptibles d’accueillir les populations menacées. Elle réclame aussi une participation accrue des coutumiers à la gestion de l’environnement et des ressources naturelles.

Le Sénat coutumier est chargé du suivi et des concertations avec l’État et les collectivités. La motion fixe des orientations, sans détailler de budget ni de calendrier opérationnel. Elle demande toutefois un suivi régulier des réalisations, des difficultés et des moyens restant à mobiliser.