La bataille arrive devant les tribunaux. Que Choisir Ensemble a saisi le tribunal administratif de Nouméa pour demander l’annulation des mesures de protection accordées au secteur des glaces et sorbets. Au-delà de Switi, l’association veut remettre en cause une politique qu’elle considère comme l’un des facteurs de la vie chère.

Six années de protection. L’arrêté pris par le gouvernement le 1er juillet renouvelle plusieurs restrictions sur les importations de glaces et sorbets, en contrepartie d’engagements pris par Switi Calédonie. Certaines catégories sont soumises à un quota, d’autres à une suspension totale ou à des restrictions selon leur provenance.

La mesure ne bénéficie pas uniquement à Switi. Elle protège l’ensemble du secteur, y compris les artisans glaciers qui, selon Que Choisir, ne l’avaient pas demandée. L’association assure toutefois n’avoir « aucun grief particulier » contre l’entreprise. Cette décision a été choisie parce qu’elle pouvait encore être contestée dans le délai réglementaire de deux mois.

Un recours qui dépasse le cas Switi. Que Choisir dénonce la multiplication des régulations de marché. Chips, pains spéciaux, snacks, thon, café, chocolat, emballages ou aérosols ont récemment fait l’objet de demandes de protection. Une taxe de 30 % sur certains verres correcteurs est également à l’étude.

L’association conteste aussi le chiffre avancé par la Fédération des industries de Nouvelle-Calédonie, selon laquelle « ces mesures ne concerneraient que 3 % des produits commercialisés. » Un pourcentage qui ne refléterait pas, selon elle, leur poids réel dans le panier quotidien des ménages.

Que Choisir cite notamment le chocolat importé, soumis à une taxe pouvant atteindre 1 000 francs par kilo, alors que l’entreprise locale protégée exporte déjà une partie de sa production. « Pourquoi le Calédonien doit-il être moins bien traité que les consommateurs étrangers ? », interroge l’association.

Le soutien local n’est pas rejeté. Que Choisir plaide pour d’autres solutions, notamment l’aide à l’innovation et le développement des exportations. À travers ce recours, elle espère pousser les institutions à revoir un système qui, selon elle, protège parfois davantage les producteurs que le pouvoir d’achat des consommateurs. A suivre…