WhatsApp, c’est souvent l’application que les parents regardent avec moins de méfiance. Pas vraiment un réseau social, plutôt une messagerie pour discuter avec la famille et les copains. Pourtant, une mère calédonienne vient d’y découvrir des groupes réunissant plus d’une centaine de jeunes qui, pour beaucoup, ne se connaissent absolument pas.

Sa fille a 12 ans. Elle n’utilise aucun réseau social, son téléphone est sous contrôle parental et WhatsApp lui sert principalement à échanger avec ses proches. Rien de très inquiétant en apparence.

Jusqu’au jour où sa mère découvre qu’elle a été ajoutée à plusieurs groupes composés essentiellement de collégiens âgés de 12 à 14 ans. Le principe : ajouter un maximum de monde. Les copains invitent leurs copains, qui invitent les leurs, et des dizaines d’inconnus finissent par se retrouver au même endroit.

À l’intérieur, le contenu est loin d’être toujours innocent : insultes, vulgarité, propos et images à caractère sexuel… Mais le plus préoccupant se passe parfois en dehors du groupe. Chaque participant peut récupérer le numéro d’un autre et le contacter directement.

C’est arrivé à cette collégienne. Des jeunes qu’elle ne connaissait pas lui ont écrit en privé. Elle leur a répondu sans méfiance, allant parfois jusqu’à envoyer une photo d’elle, sans savoir qui se trouvait réellement derrière l’écran.

Sa mère a depuis prévenu plusieurs parents et alerté la CPE du collège. Elle ne souhaite pointer du doigt ni un établissement ni certains élèves, mais alerter sur un phénomène qui passe facilement sous le radar.

WhatsApp n’est pas aussi fermé qu’on l’imagine. Il est toutefois possible de limiter les ajouts aux groupes dans « Paramètres », puis « Confidentialité » et « Groupes ». Un numéro inconnu peut également être bloqué et signalé.

Derrière son image de simple messagerie pour discuter avec la famille et les copains, l’application peut fonctionner comme un véritable réseau social. Dans ces grands groupes, des inconnus peuvent voir le numéro des enfants, lire leurs messages et les contacter directement en privé. D’où l’importance, pour les parents, de vérifier les groupes auxquels ils participent et de leur rappeler une règle simple : derrière un numéro inconnu, on ne sait jamais vraiment qui se cache.