Le XXVIᵉ Congrès du Pays Kanak se tiendra les vendredi 28 et samedi 29 août au Sénat coutumier, à Nouville. Ce rendez-vous annuel réunira les représentants des huit aires coutumières pour faire le point sur les réalités du terrain et les priorités à venir.

Deux jours pour faire le bilan. Les représentants coutumiers partageront les difficultés rencontrées dans leurs territoires, les actions engagées mais aussi les réponses qui peuvent être apportées collectivement. Quatre grands sujets guideront les échanges : l’avenir des institutions coutumières, la prévention et la cohésion sociale, la jeunesse kanak et le développement économique, social et environnemental des huit aires.

La jeunesse sera particulièrement attendue dans les débats. Deux ans après les émeutes de 2024, la question de sa place et surtout de son avenir reste centrale. Et le public concerné est large : pour mener cette consultation, le Sénat coutumier a choisi de s’adresser aux 16-40 ans.
Violences et délinquance feront forcément partie du constat, mais le sujet est beaucoup plus large : insertion, éducation, transmission culturelle, addictions ou relations entre générations devraient également nourrir les discussions. Avec une difficulté supplémentaire : les réalités ne sont pas les mêmes dans les tribus, les îles, les zones rurales ou l’agglomération.

L’un des enjeux sera justement de confronter ces expériences et de faire remonter les initiatives qui fonctionnent déjà sur le terrain. En toile de fond, une question : quelle place donner aux jeunes dans les décisions qui les concernent et comment leur offrir davantage de perspectives dans un contexte économique et social particulièrement difficile ?

Les institutions coutumières évoqueront également leur propre avenir. Leur fonctionnement, leur modernisation et leur capacité à s’adapter aux évolutions de la société seront au programme. Le développement des huit aires complétera les discussions, avec les questions d’activité économique, d’emploi et de préservation des ressources.

Le Congrès marquera enfin un passage de relais. À la tête du Sénat coutumier depuis août 2025 au titre de l’aire Drehu, Ludovic Boula laissera la place à l’aire Paicî-Cèmuhi pour la mandature 2026-2027, conformément au principe de rotation de la présidence.

Ces deux journées devront surtout permettre de fixer les priorités de cette nouvelle mandature et de faire entendre les réalités, parfois très différentes, des territoires coutumiers.