La délégation calédonienne chargée de solliciter de nouvelles aides auprès de l’État partira sans représentant officiel du FLNKS. Dans un communiqué publié mercredi 26 août, le Front confirme son refus de participer à cette mission prévue du 1er au 5 septembre. Il dénonce l’absence de mandat politique partagé et de concertation sur les réformes à défendre, les financements à demander et les contreparties susceptibles d’être acceptées.

Cette décision intervient alors que les comptes publics restent sous tension et que les régimes sociaux doivent être réformés. La Nouvelle-Calédonie dépend encore largement du soutien de l’État pour boucler l’année et préparer une relance. À quatre mois de la fin de l’exercice, le calendrier est serré.

Un déplacement jugé inutile. Le FLNKS remet en cause l’intérêt d’un voyage qui coûterait plusieurs millions de francs. Il souligne que certaines réponses seraient déjà engagées, notamment le versement de la troisième tranche du prêt garanti par l’État et une solution dérogatoire pour régulariser les comptes du pays.

Le mouvement rappelle également qu’une mission interministérielle travaille depuis plusieurs mois en Nouvelle-Calédonie. Trésorerie, régimes sociaux, besoins de financement : pour le Front, Paris connaît déjà précisément la situation et dispose des éléments nécessaires pour agir.

Le malaise dépasse la mission. Le FLNKS règle aussi ses comptes sur le fonctionnement des institutions. Il estime que les indépendantistes, qui représentent près de la moitié de l’électorat, sont tenus à l’écart des décisions. Vice-présidences attribuées à l’opposition, répartition des secteurs du gouvernement, nominations dans les organismes ou préparation de la déclaration de politique générale : le mouvement dénonce une série de choix opérés sans lui.

Le Front refuse par ailleurs que l’aide nationale se résume à de nouveaux emprunts. Il réclame des financements adaptés et des réformes capables de consolider les régimes sociaux, de mobiliser de nouvelles ressources et de réduire progressivement la dépendance financière du pays.

La crainte de négociations sans lui. Le FLNKS redoute que l’urgence budgétaire serve de porte d’entrée à des discussions politiques menées en son absence. Selon lui, le gouvernement n’a aucun mandat pour aborder l’avenir institutionnel à Paris. Il exige une séparation nette entre les réponses immédiates à la crise économique et un véritable dialogue sur l’avenir du pays.

Emmanuel Tjibaou sera bien du voyage en qualité de député, mais sans mandat pour représenter le Front. Le FLNKS réaffirme son rejet de l’accord de Bougival tout en se disant disponible pour échanger avec l’État dans un cadre respectueux de l’accord de Nouméa.

Cette absence fragilise forcément le caractère transpartisan de la mission. Alors que la Nouvelle-Calédonie doit convaincre Paris de maintenir son soutien, les divisions politiques risquent encore de ralentir des décisions devenues urgentes.