L’alcool revient sur la table en Nouvelle-Calédonie. Alors que le Congrès veut passer au crible les politiques menées depuis des années, une initiative citoyenne cherche, elle, à agir directement auprès de ceux qui tentent de sortir de la dépendance.

Faire le bilan, d’abord. La commission d’évaluation des politiques publiques du Congrès a choisi la lutte contre l’alcoolisme parmi ses premiers sujets. L’objectif : recenser les mesures prises par les différentes collectivités et l’État, puis regarder ce qui fonctionne réellement.

Pour Virginie Ruffenach, présidente de l’institution, l’alcool reste un « fléau » qui traverse les générations et les communautés. Ses conséquences dépassent largement la santé : violences, accidents, difficultés sociales et familiales…

Le sujet est déjà prioritaire. Le Plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance 2025-2028 place lui aussi la lutte contre les addictions, particulièrement l’alcool, parmi ses priorités. Prévention, réglementation, soins, répression : les leviers existent. Reste à mesurer leur efficacité.

Mais derrière les politiques publiques, il y a ceux qui essaient d’arrêter. Mercredi soir, NC la 1ère consacrait justement une émission aux leviers dont disposent les pouvoirs publics face à l’alcool. Aux côtés notamment du procureur de la République et de la présidente du Congrès, un Calédonien est venu raconter une autre réalité : celle de la dépendance vécue de l’intérieur et du chemin pour tenter d’en sortir.

C’est aussi de ce parcours qu’est né STOP ALCOOL NC. Son objectif est de mettre en relation les personnes encore sous l’emprise de l’alcool avec d’anciens consommateurs, des familles, des professionnels et toutes celles et ceux prêts à apporter leur aide. Une forme d’entraide entre ceux qui vivent la dépendance et ceux qui savent ce qu’elle représente.

Son fondateur veut aujourd’hui aller plus loin. L’idée de transformer le groupe en véritable association.

Actuellement en Métropole pour poursuivre son propre parcours de soins, une rencontre a renforcé sa conviction. Au Mans, il a assisté, par curiosité, à une réunion des Alcooliques anonymes. Il y allait avec des a priori et raconte en être ressorti marqué par la bienveillance, la convivialité et surtout la liberté de parole entre personnes confrontées aux mêmes difficultés.

Pas question pour autant de reproduire exactement le modèle des AA. Il imagine plutôt un espace de parole et d’entraide adapté aux réalités calédoniennes, ouvert aux personnes dépendantes mais aussi à leurs proches.

Tout reste à construire. Son retour est prévu fin octobre et il cherche désormais au moins deux personnes prêtes à l’accompagner pour monter l’association et donner une structure à STOP ALCOOL NC. L’appel s’adresse aussi aux professionnels de santé, notamment dans les domaines de la psychologie et de l’addictologie, mais également à toutes les personnes susceptibles d’apporter leur expérience, leurs idées ou leur soutien au futur dispositif.

Une bouteille à la mer lancée au moment où les institutions s’interrogent elles aussi sur l’efficacité de la lutte contre l’alcoolisme. Reste maintenant à transformer l’idée en projet concret et à rentrer au pays fin octobre… pour passer de l’appel à l’action.