[BILLET D’HUMEUR] Un salon de moins. Et pas n’importe lequel : après dix éditions, le Salon Nature Maison & Déco, prévu début septembre au parc Fayard, jette l’éponge.

La raison avancée par l’organisateur est simple : une soixantaine d’exposants étaient déjà inscrits, mais cela ne suffisait plus à payer la facture. Sécurité, installations, communication, assurances, logistique… Les coûts augmentent pendant que les entreprises comptent chaque franc avant de réserver un stand.

Action Pub NC explique avoir sollicité un soutien financier des institutions, en complément de l’aide logistique de la Ville de Dumbéa. Sans succès suffisant pour maintenir l’événement.

On pourrait s’arrêter là. Après tout, un salon privé qui ne parvient plus à équilibrer ses comptes, ça arrive.

Sauf qu’en Nouvelle-Calédonie, les « ça arrive » commencent sérieusement à s’accumuler.

Car derrière un salon annulé, il n’y a pas seulement quelques stands en moins. Il y a des exposants qui comptaient vendre, des artisans qui espéraient se faire connaître, mais aussi des sociétés de sécurité, techniciens, imprimeurs, transporteurs ou loueurs de matériel qui perdent du chiffre d’affaires.

Depuis deux ans, on parle beaucoup de relance économique, de soutien aux entreprises, d’attractivité et de consommation locale. Mais une économie ne vit pas uniquement de grands plans et de déclarations d’intention. Elle vit aussi de foires, de salons, de marchés, de festivals et de tous ces rendez-vous qui font sortir les gens de chez eux… et leur portefeuille de leur poche.

Évidemment, les collectivités ne peuvent pas subventionner tout ce qui ne trouve plus son équilibre. L’argent public est lui aussi devenu rare. Mais jusqu’où peut-on laisser disparaître ces événements avant de constater qu’il n’y a justement plus grand-chose à « relancer » ?

Pris isolément, l’annulation du Salon Nature Maison & Déco n’est probablement pas un drame.

C’est l’accumulation qui commence à en devenir un.

Parce qu’à force de fermer, réduire, reporter et annuler, la Nouvelle-Calédonie risque surtout de réussir une chose : faire de sacrées économies… puisqu’il n’y aura bientôt plus rien à faire.