L’artisanat calédonien ne voit toujours pas le bout du tunnel. C’est le constat de la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA-NC), qui publie sa dernière note de conjoncture réalisée auprès de 520 entreprises représentatives. Malgré un léger rebond du nombre d’établissements, la majorité des indicateurs restent dans le rouge et les professionnels peinent à entrevoir une véritable reprise.

Au 31 décembre 2025, la Nouvelle-Calédonie comptait 10 941 entreprises artisanales, soit 156 de plus qu’un an auparavant (+1,5 %). Une progression modeste qui ne suffit pas à effacer les conséquences de la crise économique, sociale et politique traversée par le territoire.

Sur le terrain, la réalité reste difficile. Deux artisans sur trois déclarent une nouvelle baisse de leur activité en 2025. Dans les mêmes proportions, ils font état d’un recul de leur chiffre d’affaires et d’une trésorerie qui continue de se dégrader. Faute de visibilité et de confiance, les investissements sont repoussés, tandis que l’accès au financement reste très compliqué.

La situation est d’autant plus préoccupante que les revenus continuent de fondre. La CMA souligne qu’un nombre historiquement élevé d’artisans perçoivent désormais un revenu inférieur au salaire minimum garanti (SMG), un niveau jugé particulièrement inquiétant.

Cette fragilité menace désormais l’ensemble du secteur. Les jeunes entreprises sont les premières exposées, mais les structures jusqu’ici les plus solides commencent elles aussi à vaciller. Derrière ces difficultés, c’est aussi l’emploi qui est en jeu, avec des inquiétudes pour les salariés comme pour les apprentis.

Les quelques signes d’amélioration observés ne suffisent pas à rassurer le secteur. « Le point de rupture semble proche », prévient la présidente de la CMA-NC, Elizabeth Rivière. Seule une véritable relance de la consommation, accompagnée de mesures capables de redonner confiance aux entreprises, permettra d’éviter de nouvelles fermetures.