À chaque campagne électorale, les mêmes recettes reviennent. Un peu plus de pouvoir d’achat, davantage d’emplois, de logements, d’aides sociales ou de services publics. Les slogans changent, mais la logique reste souvent la même : promettre davantage à tout le monde.

Cette campagne provinciale ne fait pas exception.

Certains multiplient les annonces marquantes : une baguette à 60 francs, un kilo de riz à 150 francs, un ticket de bus à 200 francs, des navettes gratuites, des mesures pour favoriser le retour des jeunes diplômés ou encore l’engagement qu’aucun enfant ne quitte l’école sans savoir lire, écrire et compter.

D’autres promettent davantage de solidarité, un meilleur accès aux soins, plus de soutien au logement, à la jeunesse et à la production locale, ainsi que de nouvelles aides aux familles, aux étudiants, aux primo-accédants et aux usagers des transports.

Sur le principe, qui pourrait être contre ?

Qui ne souhaiterait pas payer son pain moins cher, réduire ses dépenses de transport ou bénéficier de services publics renforcés ? Qui s’opposerait à davantage d’aides pour les familles, à un meilleur accès aux soins ou à une meilleure réussite scolaire ?

Le problème n’est pas l’objectif. Le problème est le chemin pour y parvenir. Car la politique n’est pas un concours de bonnes intentions. C’est l’art de gérer des moyens limités face à des besoins illimités.

L’exemple de la baguette à 60 francs est révélateur. Le prix du pain dépend du coût de la farine, du transport, de l’énergie, des salaires et des charges supportées par les boulangers.
Ramener artificiellement son prix à 60 francs supposerait soit une baisse spectaculaire des coûts de production, soit la mise en place de subventions publiques importantes. Dans ce second cas, ce n’est pas le prix qui disparaît, mais son financement qui est transféré ailleurs.

Le même raisonnement vaut pour les autres promesses. Renforcer les aides sociales, soutenir davantage le logement, développer de nouveaux dispositifs pour la jeunesse ou améliorer l’accès aux soins représente également un coût important. Or les programmes détaillent souvent les ambitions, beaucoup moins les moyens.

Comme si les contraintes budgétaires avaient disparu avec l’ouverture de la campagne.

Pourtant, la Nouvelle-Calédonie traverse toujours une période financière difficile. Chaque nouvelle dépense doit être financée, chaque nouvelle aide doit être compensée et chaque engagement doit trouver sa place dans des finances publiques déjà fragilisées.

Les Calédoniens méritent mieux qu’une compétition de slogans ou une surenchère de promesses. Ils méritent un débat honnête sur les moyens réels de faire baisser durablement le coût de la vie, de soutenir l’emploi, de relancer l’économie et de redresser les finances publiques.

Et à quelques semaines du scrutin, les électeurs auraient sans doute intérêt à se poser une question simple : lorsque quelqu’un promet de tout faire moins cher, qui paiera finalement la différence ?