[BILLET D’HUMEUR] Le haut-commissariat ressort les restrictions avant le 13 mai : interdiction de vente d’alcool à emporter du 11 au 17 mai et consommation interdite sur la voie publique. Officiellement, il s’agit de prévenir les débordements liés aux commémorations des événements de mai 2024.
Très bien. Enfin… en théorie.
Parce qu’en pratique, annoncer l’interdiction samedi à midi pour une application lundi matin, c’est surtout organiser une immense opération de précommande à l’échelle du territoire.
Tout le week-end, les consommateurs auront eu le temps de faire des stocks tranquillement. Les rayons se sont vidés, les coffres se sont remplis et certains ont déjà commencé à alimenter les marchés noirs qui réapparaissent à chaque restriction.
Car annoncer une interdiction plusieurs jours à l’avance, c’est surtout laisser le temps de neutraliser ses effets avant même son entrée en vigueur. Tout le monde le sait. Les autorités aussi.
Alors pourquoi faire semblant et remettre en place les mêmes dispositifs que chacun sait déjà inefficaces ?
Cette interdiction ressemble surtout à une opération d’affichage. Une façon de montrer que “l’État agit”, alors que tout le monde sait déjà comment contourner la règle avant même son application.
Au final, ce dispositif anticipé a surtout un mérite : rappeler qu’en Nouvelle-Calédonie, certaines restrictions administratives finissent surtout par déclencher une course aux stocks.
