En 2025, l’inflation est restée officiellement limitée à +1 % en Nouvelle-Calédonie, mais les dépenses essentielles ont continué d’augmenter fortement. Alimentation, électricité, gaz ou transports publics ont particulièrement touché les ménages modestes, dans un contexte économique toujours fragilisé après les émeutes de 2024.
L’alimentation est restée le principal moteur de la hausse des prix. Les légumes, pains et céréales, viandes, produits laitiers ou huiles et graisses ont enregistré des augmentations importantes. L’énergie a également continué de peser lourd dans le budget des ménages, avec plusieurs revalorisations successives de l’électricité et du gaz entre 2024 et 2025.
À l’inverse, certains postes ont reculé, notamment l’habillement et les chaussures (-11,4 % en 2025 après déjà -12 % en 2024), ainsi que les carburants et les véhicules.
Les loyers ont aussi poursuivi leur baisse dans un contexte marqué par la diminution de la population et les difficultés économiques.
L’Isee relève toutefois une hausse marquée du coût des transports en commun après la restructuration du réseau Tanéo à la suite des émeutes de 2024. Le ticket unitaire est resté fixé à 500 F CFP et les plafonds mensuels ont été relevés, malgré une offre réduite en nombre de lignes et d’horaires.
Les ménages modestes sont restés les plus touchés : leur inflation a atteint 2 %, soit deux fois plus que la moyenne, en raison du poids des dépenses contraintes comme l’alimentation, le logement, les transports ou les cantines.
Cette situation intervient alors que l’économie peine toujours à se relever après les émeutes de 2024. L’institut rappelle que 11 800 emplois ont été perdus et que le marché du travail reste très fragilisé.
Le rapport pointe également les limites du « bouclier qualité-prix » relancé en 2025. Le dispositif encadre certains produits de première nécessité, mais reste limité dans les commerces de proximité où une grande partie des ménages effectuent leurs achats quotidiens.
Enfin, l’Isee alerte déjà sur un risque de nouvelle inflation importée en 2026 lié aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, susceptibles d’entraîner une hausse des coûts de l’énergie et du transport maritime.
