Les principales organisations patronales appellent l’État et le gouvernement calédonien à agir rapidement face à une situation économique qu’elles jugent désormais critique. Dans une note commune, la CPME, la FEINC, le MEDEF-NC, l’U2P-NC, la CCI-NC et la Chambre d’agriculture demandent la mise en place de cinq mesures d’urgence afin d’éviter un « effondrement systémique » de l’économie locale. 

Les signataires décrivent une économie en forte récession depuis les événements de mai 2024, avec des entreprises fragilisées, une activité en chute libre et des trésoreries sous tension. Selon le document, 39 % des entreprises disposent aujourd’hui de moins de trois mois de trésorerie. 

Première mesure réclamée : la suspension pendant deux ans des cotisations patronales RUAMM pour les entreprises ayant perdu au moins 30 % de chiffre d’affaires depuis 2023. Les sommes seraient ensuite remboursées progressivement sur cinq ans. Le patronat estime que ce dispositif permettrait de redonner 16,5 milliards de francs de trésorerie par an aux entreprises et travailleurs indépendants. 

Les organisations économiques demandent également une exonération partielle des cotisations salariales RUAMM sur les bas salaires afin de soutenir le pouvoir d’achat des ménages les plus touchés par la crise. 

Autre revendication importante : la suppression totale de la patente pendant deux ans. Une mesure présentée comme un soutien direct aux petites entreprises, artisans et commerçants confrontés à la baisse d’activité. 

La prolongation jusqu’en 2028 de l’Allocation exceptionnelle de maintien dans l’emploi (AEME), afin d’éviter des licenciements massifs, ainsi que la prolongation du dispositif SOGEFOM avec prise en charge des commissions de garantie sur les crédits professionnels, sont également demandées 

Selon les signataires, ces mesures permettraient de réinjecter plus de 31 milliards de francs par an dans l’économie locale, tandis que leur coût pour les finances publiques est estimé à 32,3 milliards de francs sur deux ans. »

Les organisations patronales proposent de financer ce plan grâce à une réaffectation d’une partie des crédits du pacte de refondation. Elles demandent désormais une mise en œuvre « dans les meilleurs délais », estimant qu’une absence de réaction rapide entraînerait une aggravation de la crise économique et sociale. 

Sur le fond, plusieurs mesures répondent clairement à l’urgence économique actuelle, notamment pour soutenir l’emploi et soulager les entreprises. Reste une question majeure : l’État et la Nouvelle-Calédonie ont-ils réellement les moyens de financer un plan à plus de 32 milliards de francs ?
Entre nécessité économique et réalisme financier, certains pourraient y voir une véritable lettre au Père Noël.