En 2025, la délinquance en Nouvelle-Calédonie reste à un niveau élevé, malgré les efforts affichés par l’État. Dans son bilan annuel, le Haut-commissariat met en avant une mobilisation renforcée et une stratégie recentrée, tout en reconnaissant une situation encore marquée par de fortes tensions .

La délinquance demeure principalement urbaine, localisée et peu structurée, largement alimentée par la consommation d’alcool et de cannabis. Héritée en partie de la crise de 2024, elle s’inscrit dans un contexte socio-économique fragilisé, où les habitations apparaissent plus vulnérables, notamment en journée .

Les atteintes aux biens illustrent cette dégradation. Les cambriolages progressent fortement (+46,67 % par rapport à 2023), avec 1 565 faits recensés, essentiellement dans les logements.
À l’inverse, les cambriolages visant les locaux professionnels reculent (-11,56 %).
Les vols de véhicules augmentent également (+5,65 %), confirmant une pression persistante sur ces infractions .

Les violences intrafamiliales restent préoccupantes, avec 2 840 victimes en 2025. Si les violences conjugales reculent (-15,82 % par rapport à 2023), les violences sexuelles progressent nettement (+23,20 % par rapport à 2024).
Les mineurs sont particulièrement touchés, avec une hausse marquée des victimes .

La lutte contre les stupéfiants est marquée par une saisie exceptionnelle de 2,5 tonnes de cocaïne dans le cadre de l’opération DANTE, révélant l’exposition du territoire aux trafics internationaux. Au total, plus de 2,6 tonnes de cocaïne ont été interceptées, contre un peu plus de 212 kg de cannabis .

Sur les routes, les conduites addictives continuent de peser lourdement dans les accidents mortels : l’alcool est en cause dans 76 % des cas et le cannabis dans près de la moitié. La vitesse excessive est également impliquée dans plus de 59 % des accidents. En 2025, 14 539 contrôles ont permis de relever 21 867 infractions, en forte hausse pour l’alcool, la vitesse et l’usage du téléphone .

Face à ces constats, l’État déploie un plan territorial de restauration de la sécurité du quotidien, structuré autour de priorités ciblées : cambriolages, violences intrafamiliales, stupéfiants, haine en ligne, violences urbaines et sécurité routière. L’accent est mis sur la présence sur le terrain, les opérations ciblées et la coordination avec les acteurs locaux .

Plusieurs mesures concrètes sont engagées : cellules anti-cambriolages, renforcement de l’accompagnement des victimes, développement de la vidéoprotection, cellules de renseignement sur les stupéfiants et montée en puissance de la lutte contre la cybercriminalité, avec la création d’une antenne dédiée à Nouméa .

Des dispositifs comme le « plan verrou » viennent compléter cet arsenal, en renforçant la présence dissuasive et le contrôle des axes stratégiques, avec plusieurs milliers de personnes et de véhicules contrôlés.

Malgré cette intensification de l’action publique, le bilan 2025 met en évidence une réalité contrastée : si certains indicateurs évoluent favorablement, la délinquance reste fortement ancrée, dans un territoire encore marqué par les conséquences des crises récentes et où la sécurité du quotidien demeure une attente centrale.