Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie est convoqué en séance publique extraordinaire ce jeudi 23 avril 2026 à 8h30 pour examiner un projet de délibération sur le maintien de la garantie d’emprunt accordée à Air Calédonie. En jeu : un report de deux ans des échéances de remboursement de la compagnie.
Porté par le gouvernement, le texte s’inscrit dans la continuité des mesures de soutien à la compagnie domestique, fragilisée depuis la crise de 2024. Il vise à accompagner un rééchelonnement de la dette négocié avec les banques.
À l’origine, la Nouvelle-Calédonie avait accordé en 2016 sa garantie à hauteur de 50 % sur des emprunts contractés pour financer le renouvellement de la flotte, pour un montant total de 2,72 milliards de francs CFP.
Face aux difficultés actuelles, les établissements bancaires ont accepté de suspendre pendant deux ans le remboursement du capital, avec un allongement de la durée des prêts. Les intérêts continueront toutefois d’être payés.
Si cette mesure offre un bol d’air à court terme à Air Calédonie, elle alourdit aussi la facture globale, avec un surcoût estimé à environ 100 millions de francs CFP. Ce réaménagement impose une nouvelle validation du Congrès. Toute modification des conditions d’un emprunt garanti doit en effet faire l’objet d’une délibération.
La procédure s’est accélérée mi-avril : saisi par arrêté du gouvernement du 15 avril 2026, le Congrès a été convoqué après avis favorable de son bureau rendu le 16 avril. La séance du jeudi 23 avril doit permettre d’examiner ce dossier sensible.
Cette discussion intervient dans un contexte opérationnel particulièrement tendu. Depuis près de deux mois, les avions d’Air Calédonie sont en grande partie cloués au sol, en raison du blocage des aérodromes des îles par les coutumiers et des perturbations liées au transfert des opérations de la compagnie de Magenta vers La Tontouta.
En cas de refus, le calendrier initial de remboursement reprendrait, avec un risque immédiat pour la trésorerie de la compagnie. À l’inverse, une adoption confirmerait la poursuite du soutien public à un acteur clé de la desserte intérieure.
Un vote qui s’annonce donc déterminant, à la fois pour l’avenir d’Air Calédonie et pour les finances de la collectivité.
