À la veille de l’examen de leur vœu en commission des infrastructures, visant à maintenir les vols domestiques à Nouméa-Magenta, les responsables du groupe UC-FLNKS et Nationalistes, ont souhaité appuyer le débat sur une expertise technique. Le 20 avril, ils ont ainsi auditionné Robert Kakue, ingénieur aéronautique formé à l’ENAC et cogérant du bureau d’études TILT, spécialisé dans les mobilités durables.

Son diagnostic est sans détour. Le projet de transfert vers La Tontouta « ne relève pas d’un simple ajustement logistique », mais engage « des enjeux sécuritaires, économiques et opérationnels majeurs ». L’expert a surtout détaillé « quatre trajectoires possibles » pour Aircal, en précisant « les risques, les probabilités de réalisation et les opportunités associées » à chacune d’elles.

Car l’urgence est désormais totale. Après sept semaines de paralysie liées au conflit opposant le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie à des collectifs d’usagers des îles Loyauté, la compagnie a franchi un cap critique. Le 14 avril 2026, le tribunal mixte de commerce de Nouméa a prononcé son placement en redressement judiciaire, « afin de préserver sa trésorerie dans le cadre de la poursuite d’activité d’une durée initiale de six mois, renouvelable ».

Dans ce contexte, le groupe UC-FLNKS et Nationalistes hausse le ton. Ses élus affirment avoir « multiplié les alertes et les initiatives » ces derniers mois, sans réponse à la hauteur de la situation. Pour eux, l’enjeu dépasse la seule survie de l’entreprise : il touche directement « à la continuité territoriale » et au « désenclavement aérien » des populations.

Le message est limpide : « notre choix ne doit pas être entre agir et ne pas agir, mais entre piloter ou subir ». Pour les élus, les six prochains mois constituent une séquence décisive. « Il est de notre devoir, par tous les moyens possibles, de sauver Aircal », insistent-ils, qualifiant la compagnie d’« opérateur essentiel du désenclavement aérien » du territoire.

On pourrait presque résumer la situation avec une pointe d’ironie : six mois pour sauver Aircal… à condition, peut-être, de commencer par laisser les avions décoller.