La Nouvelle-Calédonie se dote d’un plan pour encadrer l’avenir de la pêche hauturière. Derrière ce terme un peu technique, il s’agit tout simplement de la pêche au large, notamment du thon, un secteur important pour le territoire.
Chaque année, environ 2 500 tonnes de thonidés sont pêchées en Nouvelle-Calédonie. Cette activité génère près de 1,4 milliard de francs et fait vivre environ 600 personnes, directement ou indirectement. Un poids économique réel, mais aussi une filière qui doit s’adapter à plusieurs défis, comme la protection des ressources marines ou l’évolution des marchés.
C’est dans ce contexte qu’une large concertation a été lancée dès 2022. Administrations de l’État, institutions locales, provinces, établissements publics, chambres consulaires et professionnels ont été associés à la réflexion, sous le pilotage du service du Parc naturel de la mer de Corail et de la pêche. Objectif : bâtir une véritable feuille de route partagée.
Le schéma directeur issu de ces travaux repose sur trois piliers : social, économique et environnemental. Il identifie 12 grands enjeux et décline 13 objectifs stratégiques, eux-mêmes traduits en 31 actions opérationnelles.
Parmi les priorités, le développement de la formation professionnelle adaptée au contexte local et la promotion des métiers de la filière, alors que le secteur peine à recruter. Le texte prévoit également d’améliorer les conditions de travail, de renforcer la gouvernance et de mieux structurer la profession.
Sur le plan économique, l’ambition est de moderniser la filière, de valoriser davantage les produits issus de la pêche et de développer des marchés plus rentables. La question des circuits de distribution et de commercialisation est également posée, tout comme celle d’un système d’aides publiques et d’une fiscalité jugés plus adaptés.
Autre axe majeur : la connaissance et la gestion de la ressource. Le schéma prévoit de renforcer les outils de suivi scientifique, d’améliorer la gestion des pêches à l’échelle locale et internationale, mais aussi de limiter l’impact de l’activité sur l’environnement et de renforcer les contrôles.
Le document s’accompagne d’un plan d’action détaillé, avec des échéances, des indicateurs de suivi et des moyens identifiés. Il devra désormais se traduire concrètement sur le terrain, dans un secteur où l’équilibre entre développement économique et préservation des ressources reste particulièrement fragile.
