La FEINC, fédération des industries et entreprises de Nouvelle-Calédonie, alerte sur une hausse probable des prix des produits transformés, en lien direct avec la guerre au Moyen-Orient. Après plusieurs semaines de retenue, les industriels sortent de leur silence et préviennent : les effets de la crise internationale commencent à se faire sentir concrètement dans l’économie locale.
Jusqu’ici, les entreprises avaient choisi de ne pas alimenter les inquiétudes.
« Responsabilité plutôt qu’alarmisme », résume la fédération, qui explique avoir pris le temps d’analyser la situation avant de s’exprimer. Mais désormais, le constat est clair : la crise s’installe et touche plusieurs maillons essentiels de la chaîne de production.
En première ligne, les coûts de l’énergie repartent à la hausse.
À cela s’ajoutent des tensions sur le transport et la logistique, dans un territoire déjà fortement dépendant des importations. Autre point sensible : les emballages. Verre, plastique, carton ou aluminium, autant de matériaux dont les prix sont directement impactés par la situation internationale.
Conséquence : les entreprises locales pourraient être contraintes d’ajuster leurs prix.
La FEINC évoque des « décisions difficiles » à venir dans les prochaines semaines, avec des renégociations possibles entre industriels et distributeurs. L’objectif affiché est de rester transparent, tout en s’adaptant à la réalité des coûts.
Dans ce contexte, la fédération patronale ne demande pas d’aides publiques.
« Nous connaissons la situation des finances publiques calédoniennes », souligne-t-elle, affirmant vouloir agir de manière responsable. Mais elle fixe néanmoins trois conditions pour éviter une dégradation plus importante.
→ D’abord, un gel de toute nouvelle contrainte réglementaire en 2026 et 2027. Les industriels estiment qu’ajouter des charges dans un contexte déjà tendu fragiliserait encore davantage les entreprises.
→ Ensuite, un appel à la compréhension des distributeurs. La FEINC demande que les hausses de coûts soient entendues, alors que certaines entreprises pourraient ne plus être en mesure d’absorber seules les augmentations.
→ Enfin, la fédération met en garde sur la fragilité des filières locales, notamment dans l’agroalimentaire. Elle insiste sur la nécessité de sécuriser à la fois la transformation et la production agricole, deux secteurs étroitement liés.
Dans cette optique, elle demande le renouvellement des dispositifs de régulation du marché actuellement en place, avant le 10 juillet 2026, afin de préserver les équilibres locaux pour protéger la production locale face aux importations
Nous voilà prévenus ! La crise au Moyen-Orient, bien que lointaine, a désormais des répercussions directes sur l’économie calédonienne, avec un impact potentiel sur les prix dans les mois à venir.
D’autant que la dynamique haussière est déjà enclenchée localement : électricité (+11 % en 2025), crevettes de la SOPAC en février 2026 (+5 %) et l’OCEF, qui a prévenu ses clients d’une prochaine et substantielle mise à jour de ses tarifs… Difficile, dans ces conditions, pour le gouvernement de freiner les augmentations du privé lorsque le mouvement est aussi porté par le secteur public.
