L’alerte se fait plus pressante du côté des Îles Loyauté. Dans un courrier transmis au gouvernement le 25 mars, la province décrit une situation qui dépasse désormais le simple blocage ponctuel : les liaisons aériennes restent interrompues, sans perspective de reprise à court terme.
Déjà signalée deux semaines plus tôt, la situation n’a connu aucune évolution. La collectivité estime désormais que le service public de transport est durablement affecté, évoquant une rupture de continuité aux conséquences concrètes pour les habitants, notamment en matière de santé, d’activité économique et de vie quotidienne.
Faute d’alternative, les évacuations médicales vers Nouméa reposent aujourd’hui sur un corridor sanitaire devenu indispensable. Problème : ce dispositif, initié par le gouvernement, est désormais entièrement supporté financièrement par la province. Celle-ci pointe un déséquilibre et s’inquiète d’un système devenu structurellement fragile.
Les montants engagés illustrent cette tension : 1,6 million de francs pour une rotation simple, jusqu’à 2,1 millions pour une desserte combinée. Deux vols ont déjà été affrétés, vers Ouvéa et Lifou, pour un total de 3,2 millions de francs.
Dans un contexte où les besoins médicaux augmentent, la collectivité avertit que ce modèle ne pourra pas tenir longtemps sans soutien extérieur.
Sur mer, les solutions restent tout aussi contraintes. Le Betico 2, actuellement en maintenance lourde, ne devrait reprendre du service qu’avec une capacité réduite, deux moteurs seulement étant pleinement opérationnels. Une configuration qui ne garantit pas une desserte fiable dans la durée.
À plus long terme, le projet de Betico 3 est présenté comme une réponse structurante. Mais là encore, le dossier est à l’arrêt, faute de financement consolidé et de mobilisation des dispositifs fiscaux attendus du gouvernement. Le calendrier industriel ajoute à l’urgence : sans décision rapide, la province pourrait perdre son créneau au chantier naval.
Face à cette accumulation de blocages, la province appelle l’exécutif à agir sans délai. Sans réponse rapide, elle redoute une aggravation de la situation et un isolement accru des îles, avec des répercussions directes pour les populations concernées.
