C’est une demande qui touche directement au quotidien des Calédoniens et à l’avenir économique du territoire. Le gouvernement a arrêté, ce 25 mars, un projet de résolution visant à obtenir de l’État l’extension du mécanisme national de compensation des surcoûts de production d’électricité.
Aujourd’hui, ce dispositif, appelé « péréquation tarifaire », permet déjà aux habitants de plusieurs territoires ultramarins : Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte ou encore Wallis-et-Futuna, de payer leur électricité à des tarifs proches de ceux de la métropole, alors même que sa production y coûte beaucoup plus cher. Concrètement, l’État compense la différence afin d’éviter que ces surcoûts ne soient répercutés sur les factures.
Si ce mécanisme bénéficie à des territoires pleinement intégrés au droit national, la Nouvelle-Calédonie, en raison de son statut institutionnel spécifique, en est aujourd’hui exclue.
Un effort de solidarité nationale qui, pour l’heure, ne s’applique ni à la Nouvelle-Calédonie, ni à la Polynésie française. Une situation que l’exécutif calédonien juge de plus en plus difficile à justifier.
Car sur le territoire, les contraintes sont les mêmes, voire plus marquées : insularité, éloignement, dépendance aux importations et marché de taille limitée. Résultat, le coût de l’électricité reste élevé et continue de peser lourdement sur les ménages comme sur les entreprises.
Dans un contexte économique déjà fragilisé, cette pression énergétique devient un facteur aggravant. Elle affecte le pouvoir d’achat, freine la compétitivité des entreprises et fragilise l’ensemble du tissu productif.
L’enjeu est d’autant plus stratégique que l’électricité est au cœur de l’économie calédonienne, notamment pour les activités industrielles et métallurgiques, mais aussi pour le fonctionnement des services publics et des infrastructures essentielles.
Pour le gouvernement, agir sur le prix de l’énergie n’est plus seulement une question de pouvoir d’achat, mais un levier direct de relance. La maîtrise des coûts apparaît comme une condition nécessaire pour soutenir l’activité, maintenir les entreprises et accompagner la reconstruction économique du territoire.
À travers cette résolution, la Nouvelle-Calédonie appelle donc l’État à corriger ce qu’elle considère comme une rupture d’égalité entre territoires ultramarins. L’objectif est clair : intégrer le système calédonien, et celui de la Polynésie française, au dispositif national de compensation, au nom de la solidarité et de l’équité.
Reste désormais à savoir si l’État acceptera d’ouvrir ce chantier, aux implications financières importantes.
