L’État prévoit de mobiliser jusqu’à 240 milliards de francs CFP sur cinq ans pour accompagner la Nouvelle-Calédonie dans un programme de refondation économique et sociale.
Cette enveloppe prolonge l’effort engagé après les émeutes de mai 2024. Face à l’ampleur de la crise, 360 milliards de francs avaient été débloqués en 2024, puis 350 milliards l’année suivante, afin d’éviter un effondrement économique et social. Le nouveau pacte marque donc une nouvelle étape, désormais tournée vers la reconstruction durable.
L’objectif est clair : rebâtir rapidement, mais sur des bases solides. La démarche repose à la fois sur la solidarité nationale et sur une responsabilité partagée avec les acteurs locaux.
Présenté par le Haut-commissaire Jacques Billant, ce dispositif s’inscrit dans une stratégie de long terme structurée autour de six piliers.
Le premier vise à relancer l’activité, avec une baisse de l’impôt sur les sociétés, la création de zones franches, des garanties bancaires, le développement du microcrédit, notamment en terres coutumières, et des dispositifs de défiscalisation pour reconstruire les entreprises touchées.
Le deuxième pilier porte sur les infrastructures, le désenclavement et l’amélioration des services essentiels (eau, déchets, transports), ainsi que sur l’adaptation aux risques climatiques . Des précisions sont attendues prochainement.
Le troisième concerne la filière nickel, appelée à se transformer en profondeur. Un plan est attendu d’ici mi-2026, avec un objectif de retour à la rentabilité, conditionné à des engagements des acteurs locaux
La jeunesse est au cœur du quatrième axe, avec 1 000 parcours d’insertion, 100 postes supplémentaires et la création d’une nouvelle compagnie du RSMA.
Le cinquième pilier vise le redressement des finances publiques, via des prêts garantis, des subventions et une trajectoire de retour à l’équilibre .
Enfin, le sixième axe entend renforcer la cohésion sociale par des actions de proximité.
Parallèlement, 64 projets ont déjà été validés, pour un montant de 76 milliards de francs financés à 100 % par l’État. Ils concernent notamment routes, ponts, accès à l’eau, gestion des déchets, centre de secours au Mont-Dore et aménagements touristiques .
Certains chantiers sont déjà engagés, les autres doivent débuter d’ici la fin de l’année, avec une volonté d’aller vite.
Les partenaires économiques et sociaux, associés à l’élaboration du pacte, saluent globalement l’initiative. Les syndicats y voient un levier pour l’emploi, tandis que les acteurs économiques jugent le plan nécessaire, mais attendent des résultats rapides.
Le président du gouvernement, Alcide Ponga, insiste de son côté sur la responsabilité des acteurs locaux dans la réussite de cette reconstruction.
➡️ Le pacte est consultable sur le site du Haut-Commissariat.
