La pêche professionnelle traverse une période délicate en Nouvelle-Calédonie. La Fédération des pêcheurs professionnels de la province Sud dénonce la multiplication des ventes illégales de poissons, un phénomène désormais visible aussi bien en bord de route que sur les réseaux sociaux. Cette concurrence parallèle pèse lourdement sur une filière déjà fortement fragilisée par la crise de 2024.
Selon les professionnels, ces pratiques entraînent une baisse sensible des ventes et une moindre fréquentation des marchés officiels. Les pêcheurs en règle dénoncent une concurrence déloyale, exercée par des vendeurs qui échappent aux charges sociales, aux obligations de sécurité maritime et aux normes sanitaires imposées à la profession. Cette situation permet l’affichage de prix plus bas, au détriment des circuits légaux et de la qualité des produits proposés aux consommateurs.
Au-delà de l’impact économique, la Fédération met également en avant les risques sanitaires liés à ces ventes non contrôlées, ainsi que l’absence de traçabilité des produits. Pour les pêcheurs professionnels, le respect des règles représente un coût important, devenu difficilement soutenable lorsque le marché est inondé de poissons vendus hors de tout cadre réglementaire.
Les pêcheurs professionnels rappellent qu’ils exercent sous un cadre strict : autorisation provinciale de pêche professionnelle, permis de navigation en catégorie « pêche pro », activité déclarée et respect des règles de sécurité, d’hygiène et de traçabilité. Des obligations lourdes, qui ne s’imposent pas aux vendeurs illégaux et accentuent le sentiment de concurrence déloyale.
Face à cette montée des ventes illégales, les autorités annoncent un renforcement des contrôles. Ceux-ci concernent désormais aussi les plateformes numériques et les réseaux sociaux, devenus des canaux privilégiés pour ces transactions. Les contrevenants s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu’à des amendes, des saisies de matériel et des poursuites.
La profession appelle enfin à une vigilance accrue et à un soutien renforcé, estimant que l’avenir de la pêche professionnelle dépend du rétablissement de conditions de concurrence équitables et du respect des règles communes.

