L’« accord Élysée-Oudinot », daté du 19 janvier, a été publié au Journal officiel le 24 janvier 2026. Présenté comme un texte complémentaire à l’accord de Bougival signé en juillet 2025, il a été conclu entre l’État et plusieurs forces politiques calédoniennes, sans la participation du FLNKS. Le document ouvre la voie à un nouveau report des élections provinciales, désormais envisagées avant le 31 décembre 2026.

Issu de trois jours de négociations organisées à Paris en janvier avec des formations politiques non membres du FLNKS, parmi lesquelles l’Union nationale pour l’indépendance (UNI), l’accord Élysée-Oudinot s’inscrit dans la continuité de l’accord de Bougival, dont il précise et complète plusieurs dispositions. L’UNI avait maintenu sa signature au premier texte tout en demandant que certaines orientations soient clarifiées.

Le texte confirme la perspective de la création d’un « État de Nouvelle-Calédonie » sans indépendance, doté de compétences élargies mais restant au sein de la République française. Il réaffirme également le principe de reconnaissance d’une identité kanak et envisage un aménagement du rôle et du fonctionnement des structures coutumières, dans le cadre d’une auto-organisation définie par la loi fondamentale.

L’accord acte l’abandon de tout nouveau référendum d’autodétermination, estimant que les référendums prévus par l’accord de Nouméa ont profondément divisé la société calédonienne. En lieu et place, il privilégie un processus de transferts progressifs de compétences, y compris régaliennes, sans détailler à ce stade les conséquences institutionnelles ultimes.

Mais c’est la dernière disposition du texte qui concentre l’essentiel des interrogations. Les élections provinciales, déjà reportées à trois reprises, devraient se tenir « avant le 31 décembre 2026 », le calendrier initialement fixé n’étant plus jugé tenable « dans les circonstances présentes ». Initialement prévues en mai 2024, elles avaient été successivement repoussées à décembre 2024, novembre 2025, puis au 28 juin 2026.

Un nouveau report soulève une difficulté juridique majeure. Lors de l’examen du précédent décalage, le Conseil constitutionnel avait validé la date de juin 2026, tout en précisant explicitement que ce report « ne saurait être étendu au-delà », rappelant que la Constitution impose que le droit de suffrage soit exercé selon une périodicité raisonnable.

Malgré cette réserve, l’accord Élysée-Oudinot prévoit un calendrier institutionnel resserré, avec l’examen d’un projet de loi constitutionnelle dès février au Sénat, puis au printemps à l’Assemblée nationale, avant la réunion du Congrès à Versailles prévue par le calendrier de l’accord.
Une consultation locale est par ailleurs envisagé en juin ou juillet afin de soumettre l’ensemble Bougival–Élysée-Oudinot à l’approbation des électeurs calédoniens.