La frontière entre esthétique, bien-être et médecine est parfois devenue difficile à distinguer pour le grand public. Dans une lettre ouverte adressée aux professionnels du secteur, le Saenc (Syndicat Artisanal des Esthéticiens de Nouvelle-Calédonie) veut remettre le sujet sur la table et réclame une modernisation des règles encadrant la profession.

Le syndicat, qui dit travailler depuis 2022 sur une réforme, s’appuie notamment sur le drame survenu fin juillet à Nice. Une jeune femme de 25 ans est décédée après des injections pratiquées illégalement dans un salon d’esthétique. L’affaire a relancé les interrogations sur des prestations qui peuvent être proposées sous couvert d’esthétique alors qu’elles relèvent en réalité du domaine médical.

Pour le SAENC, le risque est justement là : voir se multiplier les pratiques à la frontière entre soins esthétiques, bien-être et médecine, avec une confusion pour les clients sur les qualifications réelles des personnes qui les réalisent.

En Nouvelle-Calédonie, la profession est pourtant réglementée depuis 2001 : qualification professionnelle, inscription au Répertoire des métiers et au RCS, assurance responsabilité civile et respect des règles d’hygiène sont notamment exigés. L’exercice sans qualification peut être sanctionné jusqu’à 850 000 francs d’amende, avec une possible fermeture de l’établissement.

Mais après plus de 25 ans, le SAENC estime ce cadre insuffisamment adapté aux nouvelles pratiques. Il réclame une classification plus claire des actes autorisés, une frontière mieux définie avec les actes médicaux, davantage de contrôles, mais aussi une meilleure reconnaissance des compétences et une revalorisation salariale.

Le syndicat affirme avoir préparé des propositions qu’il porte auprès de la CPME, de la Chambre de métiers et de l’artisanat et du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Il appelle désormais les professionnels à le rejoindre pour peser davantage dans les discussions.

Au-delà de la défense d’une profession, l’enjeu concerne aussi les consommateurs : savoir précisément qui peut faire quoi, avec quelle formation et sous quelles règles, alors que l’offre de soins et de prestations esthétiques ne cesse de se diversifier.