Pendant que des représentants du FLNKS sont montés à Paris ce lundi pour faire entendre leur refus de l’accord de Bougival et tenter de peser directement sur les parlementaires, Emmanuel Macron a choisi une autre méthode : la plume. Une lettre officielle, datée du 15 décembre, a été envoyée aux signataires du document du 12 juillet. Le Président y annonce un “nouveau temps d’échange” fixé au 16 janvier prochain.
Objectif : “apporter des clarifications” et “poursuivre le dialogue”.
Bougival n’avance plus vraiment, et l’État parle déjà de “clarifications” avant même d’avoir consolidé une vraie dynamique politique.
Signe d’un flottement côté gouvernement : selon le Monde, le projet de texte qui devait permettre une consultation anticipée des Calédoniens ne sera finalement pas présenté en Conseil des ministres ce 17 décembre. Traduction : le calendrier prend l’eau, et Paris semble admettre que la base politique actuelle est trop fragile pour avancer en force.
De son côté, le FLNKS accélère, en confondant peut-être vitesse et précipitation ! La délégation entend pousser son message directement jusqu’à l’Élysée et réclame une entrevue avec le chef de l’État. Mais avec une réunion déjà calée au 16 janvier, la demande pourrait bien se heurter à l’agenda présidentiel.
Résultat : deux démarches qui se croisent sans se répondre. D’un côté, une offensive politique au contact des groupes parlementaires ; de l’autre, une relance institutionnelle par courrier. Comme si l’avenir de la Nouvelle-Calédonie pouvait se régler à coups de formules bien tournées.
En calédonie depuis des mois Tout semble à l’arrêt : institutions fragiles, économie sous tension, climat politique toujours fracturé. Dans ce contexte, est-ce que “clarifier” Bougival, ce n’est pas surtout une manière de gagner du temps, des deux côtés, plutôt qu’une vraie relance politique ?

