Pointé du doigt depuis des années pour ses conditions de détention indignes, le centre pénitentiaire du Camp-Est se voit une nouvelle fois rappelé à l’ordre. Saisi par cinquante détenus, le tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie ordonne à l’État de prendre des mesures urgentes pour remédier à la surpopulation et à l’insalubrité du site, jugées contraires à la dignité humaine.
La justice administrative a tranché : l’État doit agir sans attendre pour améliorer les conditions de détention au centre pénitentiaire du Camp-Est, à Nouméa.
Saisi par cinquante détenus, le juge des référés du tribunal administratif a estimé que la situation actuelle, marquée par une surpopulation chronique et une insalubrité persistante, viole le droit fondamental de ne pas subir de traitements inhumains ou dégradants.
Dans son ordonnance rendue publique mardi,
la juridiction enjoint l’administration pénitentiaire de prendre toutes les mesures nécessaires pour améliorer le quotidien des détenus les plus précaires, notamment ceux contraints de dormir sur des matelas posés à même le sol.
Elle impose également de séparer les blocs sanitaires dans les cellules collectives et de lutter efficacement contre la prolifération des nuisibles.
L’État devra verser 2 000 euros à chacun des plaignants au titre des frais de justice.
Aucune astreinte n’a cependant été fixée, et le juge n’a pas exigé qu’un lit soit attribué à chaque détenu, estimant que la surpopulation carcérale dépasse les pouvoirs de l’administration pénitentiaire.
Symbole d’un système à bout de souffle, le Camp-Est fait régulièrement l’objet de critiques pour ses conditions d’hygiène et sa promiscuité. Certaines cellules de dix mètres carrés accueillent jusqu’à cinq personnes pour deux lits.
Déjà condamné en 2023 pour non-exécution de travaux ordonnés par la justice, l’établissement est une nouvelle fois rappelé à l’ordre.
