Entre mars et septembre 2024, la Nouvelle-Calédonie a enregistré une perte significative d’emplois dans le secteur privé, avec un salarié sur sept concerné. Cette baisse, amorcée au premier trimestre, s’est accélérée au deuxième et a atteint son apogée au troisième. En septembre 2024, le nombre de salariés a chuté de 9 250 par rapport à mars. Tous les secteurs d’activité sont impactés par cette crise sans précédent.

Au deuxième trimestre 2024, 60 700 salariés étaient déclarés auprès de la Cafat par les employeurs du secteur privé, marquant une diminution de 5 900 par rapport au trimestre précédent, soit une baisse de 9 % en données corrigées des variations saisonnières (CVS).

L’indicateur du climat des affaires (ICA), publié par l’IEOM, a enregistré une chute historique, atteignant 64,1, un niveau jamais observé auparavant. Ce chiffre reflète un pessimisme profond des chefs d’entreprises concernant la situation économique.

Parallèlement, les créations d’entreprises ont atteint leur plus bas niveau, avec seulement 560 nouvelles entreprises créées, soit bien moins que la moyenne des 30 dernières années. En revanche, les cessations d’entreprises sont restées bien en dessous de la moyenne, probablement grâce aux aides financières et aux facilités de paiement accordées aux entreprises touchées par la crise. Les liquidations judiciaires, elles, sont restées conformes aux niveaux observés entre 2014 et 2024.

La baisse de l’emploi a également entraîné une diminution du nombre d’employeurs, tous types confondus, avec une chute de 13,2 % entre mars et juin 2024, soit 1 400 employeurs en moins. Le recul des embauches a été particulièrement marqué, avec une baisse de 22,5 % par rapport au premier trimestre 2024.
Les ruptures de contrats, quant à elles, ont fortement diminué, ce qui suggère que les dispositifs de chômage partiel ont permis de maintenir un certain nombre de contrats de travail pendant la crise.

Au troisième trimestre 2024, les résultats préliminaires indiquent une poursuite de la tendance, avec une estimation de 3 400 emplois perdus supplémentaires, portant le total à plus de 9 000 pertes d’emplois. Les indicateurs économiques restent préoccupants, et la situation continue de se dégrader à mesure que les effets de la crise se prolongent.

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