Dimanche 24 mars 2024, les pompes à essence sont à sec, les engins des grévistes ont été positionnés sur les axes stratégiques ; certains bus annoncent leur incapacité de rouler. Demain lundi, les écoles seront sans doute fermées et les dernières entreprises encore debout se demandent si cet énième blocage ne sera pas le coup de grâce !

Les calédoniens cantonnés chez eux échangent sur les réseaux. Ils oscillent entre frustration et compréhension, alimentant les discussions de leurs réflexions et prises de position. Un débat virtuel qui, malgré l’immobilisme forcé, maintient vivace le lien social.

On se demande quelles stations pourraient, par miracle, avoir encore quelques litres d’essence ; à quel moment les décideurs vont donner signe de vie ; les messages aussi mystérieux qu’anonymes se partagent en masse sur messenger ; les agents du gouvernement apprennent médusés qu’ils sont invités, en cas d’impossibilité d’aller travailler, à utiliser leur congé annuel.

Au coeur de ce chaos, les obligations demeurent, inébranlables et imperturbables. Les déclarations d’impôts, bien réelles, ne souffriront d’aucun report et attendent comme les prélèvements ou les crédits divers et variés, sagement leur  échéance de fin de mois.

Dans cet environnement marqué par une crise multifacette, à  la fois économique avec le nickel, sociale et institutionnelle, la Nouvelle-Calédonie semble naviguer à  vue.

Entre résignation et espoir, notre quotidien est suspendu à un fil, celui d’un avenir incertain. Le moindre souffle pourrait soit apaiser soit attiser les tensions.
Dans ce contexte, la résilience des habitants et leur capacité à se réinventer seront, sans aucun doute, les clés d’un retour progressif vers une normalité tant espérée.