Une femme retrouvée morte à Bourail, son concubin en garde à vue

Une information judiciaire du chef d’homicide volontaire par conjoint ou concubin commis à Bourail, au sein de la tribu de NY, a été ouverte le 30 juillet 2022.

Rappel des faits

Le samedi les sapeurs-pompiers de Bourail et le médecin du dispensaire intervenaient en fin de matinée, dans l’habitation d’une femme, âgée de 33 ans  qui selon les membres de sa famille, était découverte inanimée, dans son lit.
En dépit de plusieurs  tentatives de réanimation opérées par les secours, le décès de la femme était constaté à 12h30.

Des traces suspectes

Le médecin du dispensaire relevait des traces suspectes sur le corps de la victime, à savoir deux hématomes, l’un au niveau de l’œil droit et le second sur la  pommette droite.

Il ressort de l’examen scannographique du corps de la victime réalisé le 31 juillet 2022 la présence d’un œdème cérébral marqué  associé à une hémorragie intra-cranienne aigue, un pneumothorax ainsi qu’une lésion thoracique compatibles susceptibles d’être compatibles avec un traumatisme résultant de l’intervention d’un tiers.

L’autopsie ordonnée par le parquet est prévue dans les prochains jours.

L’enquête, confiée à la section de recherches de Nouméa et à la brigade de gendarmerie de Bourail, a permis d’établir que le couple avait consommé plusieurs bouteilles d’alcool, au cours de la soirée du 29 au 30 juillet, en présence de plusieurs proches.
Deux scènes de dispute seraient survenues, ayant nécessité l’intervention de la cousine de la victime afin d’apaiser la situation. Toutefois, aucun témoin n’a déclaré avoir constaté des lésions de violence sur la victime.

Le concubin placé en garde à vue

Placé en garde à vue, le concubin de la victime a reconnu s’être fortement alcoolisé avec sa compagne. Outre les insultes réciproques, il admettait avoir porté une gifle ainsi qu’un coup de poing lorsque sa compagne s’en prenait à lui en le griffant (des traces de griffure ayant d’ailleurs  été constatées sur le corps du mis en cause) .

Il ajoutait qu’ils s’étaient tous les deux, mis au lit vers 2 heures, et qu’il avait entendu sa compagne ronfler, à un moment. Il reconnaissait des relations parfois conflictuelles avec sa concubine, générant des violences réciproques, notamment  dans un contexte d’alcoolisation.

Le couple a deux enfants âgés de 2  et 8 ans. Le mis en cause âgé de 32 ans n’avait pas d’antécédent judiciaire, hormis une infraction routière .

Mis en examen pour chef d’homicide volontaire

Présenté ce jour  au magistrat instructeur, il a été mis en examen du chef d’homicide volontaire par concubin et placé sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention.
Le parquet qui avait communiqué des réquisitions de placement en détention provisoire, se réserve la possibilité de faire appel de cette décision de placement sous contrôle judiciaire .

Le territoire tient le record national des violences physiques ou physiques

En Nouvelle-Calédonie, la famille est le lieu de 43% des violences physiques ou sexuelles, un record national. Les agressions au sein du couple représentent 5,4 faits pour 1.000 habitants, soit un peu plus du double de la moyenne hexagonale.

➣ Un contexte d’alcoolisation et/ou de consommation lourde de cannabis

En un an, de janvier 2021 à janvier 2022, trois homicides conjugaux ont été recensés en Nouvelle-Calédonie, et à chaque fois avec usage d’une arme à feu. Depuis 2020, dans ces enquêtes, la perquisition du domicile des mis en cause pour rechercher et éventuellement saisir ces armes est systématique. Stage de responsabilisation pour les primo-délinquants, bracelets anti-rapprochement, et téléphone « grand danger » complètent, entre autres, les dispositions mises en œuvre.

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