Après des mois de tensions autour du déménagement d’Air Calédonie à La Tontouta et des blocages d’aérodromes dans les îles, le gouvernement lance un chantier plus large sur les déplacements en Nouvelle-Calédonie. Un premier comité de pilotage s’est réuni ce jeudi 5 novembre, avec l’objectif de présenter une stratégie globale au Congrès d’ici fin juin 2027.
Pour les habitants des îles, la question dépasse largement l’organisation des transports. Pouvoir rejoindre un rendez-vous médical, poursuivre ses études, travailler ou retrouver sa famille dépend de liaisons régulières et accessibles. La crise ouverte par le transfert d’Air Calédonie de Magenta à La Tontouta le 2 mars dernier a rappelé combien cet équilibre reste fragile. Les oppositions au déménagement ont entraîné des blocages prolongés, avec des conséquences sur la vie quotidienne et l’activité économique. À Ouvéa, la reprise des vols d’Air Calédonie n’a été autorisée qu’en septembre, après plus de six mois d’interruption.
La situation reste d’ailleurs inégale selon les destinations. Au 2 novembre, Nouvelle-Calédonie Tourisme signalait un trafic normal vers Lifou et l’île des Pins, une reprise progressive à Ouvéa et des vols Air Calédonie toujours annulés vers Maré. Air Oceania maintient pour sa part une offre au départ de Magenta vers Maré et Ouvéa, avec un appareil de neuf places.
C’est dans ce contexte que Milakulo Tukumuli a présidé cette première réunion, en présence de représentants des provinces, des groupes politiques au Congrès, de l’État et des services et établissements publics concernés.
Le président du gouvernement souhaite coordonner les politiques de transport dans une stratégie commune, compatible avec les moyens financiers du pays.
Le futur schéma doit englober l’ensemble des modes de transport existants. L’enjeu sera notamment de mieux articuler les dessertes aériennes, maritimes et terrestres. Car un déplacement ne s’arrête pas à l’atterrissage ou à l’arrivée au quai : encore faut-il pouvoir poursuivre son trajet, sans multiplier les attentes et les dépenses.
Des comités stratégiques et techniques doivent désormais se tenir chaque semaine, en alternance. Des consultations sont également annoncées pour recueillir les besoins des acteurs de terrain. Le gouvernement se donne ainsi près de huit mois pour soumettre sa proposition au Congrès.
Cette première réunion ouvre un travail de fond, sans apporter à ce stade de réponse immédiate aux difficultés de desserte. Après les fermetures et les reprises partielles, les usagers attendent surtout de savoir sur quelles liaisons ils pourront compter, à quel prix et dans quelles conditions.
