Cotisations sociales, produits protégés, taxation des colis internet et argent public : une pétition citoyenne demande au Conseil économique, social et environnemental de Nouvelle-Calédonie de se pencher sur les mécanismes qui pèsent sur le pouvoir d’achat. Ouverte du 2 novembre au 1er janvier 2027, elle affichait 22 signatures sur les 400 nécessaires au moment du relevé transmis.
Le texte ne prend pas de gants. Son auteur dénonce un système qui « asphyxie les petits budgets tout en protégeant les rentes d’en haut ». Il met en cause les choix des responsables politiques successifs et la pression des lobbies patronaux. Sa demande : une instruction indépendante du CESE, suivie de préconisations d’urgence au gouvernement et au Congrès.
Premier dossier visé, les cotisations sociales et leurs plafonds. La pétition avance un taux de prélèvement pouvant atteindre 42,5 % pour un ouvrier au SMG, contre 14,8 % en moyenne pour de très hauts salaires. Ces chiffres ne sont toutefois accompagnés d’aucun calcul dans le texte transmis : impossible, en l’état, de savoir précisément quels prélèvements sont comparés et si les parts patronale et salariale sont additionnées. L’auteur réclame également une contribution accrue des revenus du capital et des dividendes.
Les protections de marché occupent une autre place centrale. Le texte évoque plus de 380 produits concernés et des taxes pouvant atteindre 47 %, des données qu’il faudrait également documenter. Il demande un audit des barrières douanières et des dispositifs de protection locale pour mesurer leur effet sur les prix. Derrière les accusations contre les industriels et la grande distribution, une question mérite d’être examinée : quel bénéfice pour la production et l’emploi locaux, et quelle facture pour le consommateur ?
La pétition s’attaque aussi à la taxation du fret et des petits colis commandés sur internet. Elle réclame un allègement pour les achats du quotidien, estimant que ces prélèvements pénalisent particulièrement les foyers modestes ou isolés qui cherchent des solutions moins coûteuses.
Enfin, elle demande une évaluation indépendante des politiques publiques. Sont notamment visés les effets de la TGC sur les petits budgets et le recours répété aux emprunts de secours, que l’auteur considère comme une manière de repousser les réformes de fond.
L’ensemble constitue donc une demande d’enquête et de transparence, portée par un texte très offensif. Les accusations et les chiffres avancés restent ceux de son auteur ; l’examen réclamé au CESE aurait justement pour intérêt de les confronter aux faits.
Pour aboutir à une saisine citoyenne, la pétition doit réunir 400 signatures dans les deux mois suivant sa validation par le bureau du CESE. Ce seuil ouvre la voie à un examen du sujet, sans garantir l’adoption des mesures demandées : le Conseil reste une institution consultative.
La pétition est à retrouver sur la plateforme du CESE, accessible avec une connexion NC Connect.
