L’emploi calédonien ne dégringole plus comme au lendemain des émeutes. Mais il reste loin d’avoir remonté la pente. Selon l’ISEE, la Nouvelle-Calédonie compte environ 77 640 salariés au premier trimestre 2026. Les effectifs se stabilisent, sans véritable reprise des embauches.

C’est surtout dans le privé que la différence entre stabilisation et redémarrage saute aux yeux. En un an, le nombre de salariés a très peu bougé. Sauf que, durant les douze mois précédents, plus de 10 200 emplois avaient disparu. Les pertes se sont fortement atténuées, mais les postes ne reviennent pas.

Tous les grands secteurs restent d’ailleurs sous leur niveau d’emploi de 2023. La construction conserve un décrochage particulièrement marqué et continue de perdre des salariés.

Quelques embauches, pas de mouvement général

Le commerce reprend un peu de souffle, notamment dans la vente de carburant et les boucheries. En revanche, l’habillement et le commerce de gros alimentaire restent en recul. Derrière une tendance légèrement positive, les situations sont donc très différentes d’une activité à l’autre.

Même prudence dans l’industrie. La petite hausse des effectifs tient en partie à des embauches saisonnières dans la transformation des produits de la mer et à un changement de classement d’activité. Elle ne suffit pas à effacer les pertes enregistrées sur un an.

Les services, qui emploient plus d’un salarié du privé sur deux, connaissent eux aussi des évolutions contrastées. La santé, l’action sociale, l’intérim et le nettoyage gagnent des postes sur un an, mais l’ensemble du secteur recule légèrement en début d’année. L’agriculture poursuit également son repli.

Le public remonte grâce aux contractuels

Du côté du secteur public, les effectifs progressent légèrement. Cette hausse repose essentiellement sur les recrutements de contractuels, tandis que le nombre de fonctionnaires diminue un peu sur le trimestre. Là encore, les contractuels restent moins nombreux qu’au début de 2024.

Le climat des affaires s’améliore et les créations d’entreprises repartent à la hausse. Les liquidations judiciaires sont aussi moins nombreuses, même si l’ISEE appelle à la prudence sur cet indicateur.

Des signes encourageants existent donc. Mais pour les Calédoniens qui cherchent du travail, une économie qui perd moins d’emplois ne suffit pas. Ce qu’ils attendent, ce sont des entreprises qui recrutent.